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Vive la crise !

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le jeudi 30 octobre 2008 05:00



Les profits OUI, l'environnement NON.

C'est l'approche Harper de Kyoto.
C'est l'approche néolibérale de la planète.

Le capitalisme sauvage n'est pas en crise. Il s'ajuste.
Un bon "investisseur" sait tirer son épingle du jeu lorsque c'est la débandade.
Comme tous les profiteurs savent bien tirer profit des "crises".

Nous vivons une «crise». Artificielle, virtuelle, créé, voulu... on ne sait pas.
Tout ce que l'on sait, c'est que la tourmente économique est bien en place.
Tout ce que l'on sait, c'est que le baril de pétrole avoisinant les 140 $ il y a quelques semaines, est aujourd'hui près de 60 $.

Tout ce que l'on sait, c'est qu'on se réjouissait que le prix du pétrole soit si élevé pour qu'enfin la consommation de ce carburant polluant diminue. Aujourd'hui, on titre en gros

«L'OPEP réduit nettement son offre»
"Les «durs» du cartel, Iran et Libye en tête, souhaitaient une coupe massive de deux millions de barils par jour"
«Le Venezuela favorable à une nouvelle réduction de la production de pétrole»

Aujourd'hui que l'OPEP réduit sa production, on nous présente la chose comme la pire des calamités! On nous présente la chose comme si les «méchants» Iran Libye et Venezuela "en tête" nous veulent du mal !
Non, mais, il faudrait se brancher.
Les méchants réduisent leur production, ça va peut-être réduire la consommation et la planète s'en portera mieux!

On constate, une fois de plus, que les discours ne servent que l'économie et le pouvoir.
On justifie les hausses de prix pour empocher de faramineux profits tout en prétextant que si le pétrole est élevé, on va réduire la consommation et on va moins polluer notre planète qui suffoque.

On justifie que si nous avons des compteurs et que nous payons l'eau pour chaque goutte vitale, nous préserverons nos réserves. Ce qui est totalement faux. Tout ce que nous ferons sera d'emplir les poches des prédateurs économiques.
Les compteurs d'eau n'ont rien à voir avec l'économie d'eau douce.
Tout comme la hausse du prix du pétrole n'a rien à voir avec la dépollution.
La preuve, la meilleure dépollution serait de réduire la consommation. Et pour réduire la consommation, il faut réduire la production de ce carburant polluant. La réalité, ce ne sont pas les $$$, la réalité ce sont les choses. Il y a du riz, on bouffe, il n'y en a pas, on meurt de faim.
Il y a du pétrole, on utilise, il n'y en a pas, on trouve autre chose.

Si on gère la réalité avec les $$$. On se retrouve que le riz est sur les tablettes et qu'on meurt de faim.
On se retrouve que tout le pétrole produit est brûlé et pollue la planète. Si ce n'est pas les pauvres qui brûleront le pétrole, ce sera ceux qui en ont les moyens, mais le résultat c'est que peu importe son prix, il sera brûlé et la planète sera polluée.
On se retrouve que l'eau douce disparaîtra au même rythme. Les nantis auront de plus grandes piscines et laveront leur limousine et leur entrée de court à la grande eau, tandis que les pauvres seront sales et assoiffés, mais l'eau disparaîtra. Ceux qui en auront les moyens ne s'en priveront JAMAIS.

La réalité gérée avec les $$$ fait que la société est menée en fonction des profits et non de l'environnement et des individus.

Nous constatons de plus en plus que cette «crise» réelle ou artificielle est TRÈS UTILE pour le monde capitaliste.

« Couper oui, aménager non »

« Exploiter oui, dépolluer non »
Voilà l'approche Kyoto de Harper, de Bush et de tout bon capitaliste sauvage.

En ce temps de «crise» on peut tout justifier et faire reculer les petites normes difficilement établies. Les compagnies nous font pleurer et nous disent qu'elles devront cesser leurs opérations "missionnaires" si les règles ne sont pas "allégées" (disons plutôt que l'on souhaite carrément leur abolition).
Dans la même veine, les compagnies demandent de meilleures conditions de profit. Prêt sans intérêt, allégement fiscal, abolition des contrôles, abolitions des obligations... que voulez-vous, ces «pauvres» (sic) compagnies n'ont plus les moyens et sont sur le bord de la banqueroute !!!

Dans ces périodes jouissantes de «crise», on peut tout justifier et on peut faire la piastre.
Comme lors du verglas, certains marchands ayant la fibre capitaliste, vendaient leurs chandelles dix fois leur prix, aujourd'hui on trouve les moyens de maximiser par tous les moyens les profits.
C'est la loi du marché, mais surtout la loi des crises.

Pendant les crises, on peut tout justifier. Du contrôle citoyen, à la guerre, à la hausse des prix, à l'abolition des obligations.

On n'est pas sortie du bois... mais ne vous en faites pas, le bois on va le raser et un jour on verra plus loin.


Serge Charbonneau
Québec


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