Vous avez raison en évoquant cet aspect de la statégie de René Lévesque consistant dans le refus la rupture catégorique. La souveraineté a commencé à lever sérieusement lorsque René Lévesque lui a accolé le terme association en l'articulant avec le souveraineté par un trait d'union.Son refus de la rupture n'était pas seulement de la politesse. Je ne crois pas qu'il a parlé d'association simplement pour que les gens aient moins peur de la souverainté. Peut-on penser que son intuition était que le Québec devienne souverain en conservant un lien vital avec le reste du Canada? La souverainté prend du tonus chaque fois que le cours des choses ou les événement nous amènent à la penser dans une sorte d'osmose avec le reste du Canada. Après le référendum perdu de 1980, c'est le discours de Baie-Comeau de Brian Mulroney et ensuite Meech qui ont permis le redéploiement et le progrès du projet souverainiste. C'est probablement le même secret qui assure le succès du Bloc Québécois. Le Bloc représente une dialectique permanente de souveraineté-association. C'est à cette dialectique à laquelle le peuple dit oui en votant pour ce parti. J'ai le sentiment parfois que le Bloc représente dans les rapports Québec-Canada une finesse dialectique si subtile qu'aucune question référendaire n'arrive à l'exprimer adéquatement. C'est pourquoi le peuple a dit 2 fois non au référendum et 6 fois oui au Bloc.
Les deux chefs souverainistes les plus créateurs ont été René Lévesque, le géniteur du projet, et Lucien Bouchard qui a créé la réponse politique représenté pae le Bloc pour sortir de l'impasse de l'après-Meech. Les deux passaient pour ambivalents et les deux étaient des littéraires.