Danse - Rocailleux et baveux
Mots clés : Frédérick Gravel, GravelWorks, Danse, Spectacle, Montréal
Celui qui a signé les chorégraphies du Mutantès de Pierre Lapointe arrive à Tangente avec l'intention de rendre la danse contemporaine accessible, voire populaire. Pour ce faire, il y présente l'intégrale d'un projet de recherche/diffusion commencé il y a deux ans, dont des bouts ont été déjà été vus à Montréal, Paris et New York. Le dernier en date faisait partie de la deuxième édition de l'événement The Art, en septembre dernier.
D'une esthétique résolument rock, ses GravelWorks reposent sur les prestations live d'un band tout à fait respectable (rien à voir avec le groupe du même nom, heureusement). Tandis que la trame musicale comprend du PJ Harvey et du Elvis, les interprètes portent simplement jeans, t-shirts et espadrilles, quand ils ne sont pas nus. C'est que Gravel rejette l'idée du costume et ne recherche pas le beau.
Ce qui l'intéresse, c'est plutôt de toucher la tête, le coeur et le sexe (pas nécessairement dans cet ordre). Il y parvient, grâce à un propos critique face à sa discipline, un non-dit très fort entre ses danseurs et un travail audacieux autour du bassin. Bien qu'il se soucie davantage d'avoir la bonne énergie que le geste précis, il impose une signature à la fois personnelle et influencée par de grandes figures québécoises. Il pige chez Daniel Léveillé, à qui il a ravi la troublante Ivana Milicevic (Amour, acide et noix), et chez La La La Human Steps, proposant une version coït interrompu de la fameuse vrille.
Avec ironie, il se fait le porte-parole de la crise de l'art contemporain. S'il continue dans cette direction, pleine de groove, il pourrait bien trouver des pistes de solution.
***
GravelWorks
Concept et direction: Frédérick Gravel. Création et interprétation: Francis Ducharme, Ivana Milicevic, Lucie Vigneault, Jamie Wright, Frédérick Gravel et les musiciens Stéphane Boucher et Hugo Gravel. Dramaturgie: Katya Montaignac. Lumière et direction technique: Alexandre Pilon-Guay. Îil extérieur: Anne Lebeau. À Tangente, jusqu'au 26 octobre.
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

