10,5 milliards d'euros pour six banques françaises
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Paris -- L'État va injecter d'ici à la fin de l'année 10,5 milliards d'euros dans les six plus grandes banques privées françaises pour qu'elles puissent financer suffisamment l'économie, une décision qui vise aussi à leur permettre de se placer au niveau de leurs concurrents européens.
Cet apport de fonds est rendu indispensable pour que ces banques soient «en mesure de financer correctement l'économie», a-t-elle précisé au cours d'un point presse à l'issue d'une réunion avec les dirigeants de ces banques.
Cette injection de fonds se fera par l'émission de titres de dette subordonnée, ce qui signifie que l'État ne rentre pas dans l'actionnariat de ces banques, a souligné la ministre.
Le dispositif pourrait être reconduit l'an prochain, pour un montant équivalent, «si les tensions de marché venaient à persister».
En contrepartie du dispositif, la ministre a demandé aux banques «des engagements de nature économique et de nature éthique». Ils portent notamment sur la rémunération des dirigeants et le volume des crédits accordés aux ménages et aux entreprises.
Ces engagements feront l'objet d'une convention signée avec l'État.
Plan de soutien
Cette spectaculaire injection de fonds s'inscrit dans le cadre du plan de soutien aux banques annoncé la semaine dernière qui prévoyait notamment une enveloppe de 40 milliards d'euros pour recapitaliser les banques qui en feraient la demande.
Soucieux de ne pas renforcer l'inquiétude des marchés sur la solidité des banques, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, également présent, a souligné que ces six banques n'avaient «absolument pas besoin de fonds propres» ni «d'être recapitalisées». «Le seul objectif, c'est d'accompagner le financement de l'économie», a-t-il insisté pendant le point presse.
Cet apport d'argent public va cependant permettre à ces grandes banques de renforcer leurs fonds propres à un moment où plusieurs de leurs concurrentes étrangères ont déjà bénéficié de mesures de recapitalisation.
Elles pourront ainsi «maintenir un haut niveau de solvabilité, dans une période où l'état des marchés ne leur permet pas de lever les capitaux nécessaires», a souligné la Banque de France dans un communiqué.
À l'étranger, le gouvernement britannique a récemment annoncé qu'il allait investir l'équivalent de 47 milliards d'euros dans trois des plus grosses banques du pays, Royal Bank of Scotland, HBOS et Lloyds TSB.
Jusqu'ici, les banques françaises n'avaient pas souhaité dire si elles auraient recours à l'enveloppe mise à leur disposition par l'État. Seul le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, avait affirmé mardi dernier que son établissement n'aurait «pas besoin d'utiliser ce "guichet public"».
À la différence des trois banques britanniques, mais aussi de la franco-belge Dexia ou de la néerlandaise Fortis, l'État ne deviendra pas actionnaire des six établissements français.
Les titres émis par ces banques, puis achetés par l'État, ne sont pas des actions, mais des obligations, qui ne donnent pas de droit de vote. Mais l'État a l'assurance de toucher des intérêts sur ces titres. Pour Mme Lagarde, «l'État ne fait pas de cadeau aux banques», et ces fonds injectés «généreront des revenus substantiels pour l'État».

