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L'opprobre

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le jeudi 16 octobre 2008 07:00



Stephen Harper rappelait hier que «les électeurs n'ont pas d'obligation face aux politiciens»

J'espère que Stephen se rappelle que les politiciens, eux, ont plusieurs obligations face aux citoyens qu'ils représentent.

Les politiciens sont sensés travailler pour la population en général et plus particulièrement pour la partie de la population la plus démunie et ayant le moins de ressources.


«la résistance des électeurs québécois face à une idéologie qui les rebute»
Ce paradigme est-il un mythe ?
Force est de constater qu'une bonne partie de la population ne semble pas trop "perturbée" par cette doctrine réformiste et ne donne aucun signe que cette idéologie les "rebute".
Prenons l'exemple de la Beauce.
On parle du mystère de Québec, mais celui de la Beauce m'apparaît encore plus mystérieux.
Le beau et sympathique Maxime Bernier, réélu avec une majorité écrasante, ne semble pas du tout avoir été affecté par l'idéologie qui rebute le Québec, ni par ces performances ministérielles plus que déplorables. On pourrait même dire (excusez-moi les Beaucerons et Beauceronnes) que la Beauce pourrait élire un cochon, pourvu qu'il ait une belle gueule, qu'il soit bien mis et que son allure soit irrésistiblement sympathique.
L'idéologie, en tout cas en Beauce, n'a pas beaucoup de poids.
Tout comme à Jonquière, M. Blackburn, n'a pas trop souffert de cette idéologie qui rebute.
Tout comme Josée Verner, qui "parfois on la battrait" et qui, malgré tout, a été élue sans se faire battre.
Ainsi que 7 autres néoconservateurs-réformistes-guidés-par-les-valeurs-sacrées-de-dieu-lui-même.
Non, plusieurs de nos concitoyens s'ennuient de la messe en latin et du chapelet en famille. Je dérive un peu trop vers la religion me direz-vous !
Mon propos devient ridicule. Peut-être. Mais, voyez-vous, la religion et surtout les "valeurs" religieuses, sont le carburant de la droite. Sans cette essence essentielle, la lutte du bien contre le mal est bien difficile. La rationalité prend le dessus et les dirigeants du droit-bien perdent leur puissance de manipulation. La religion a toujours bien servi tous les pouvoirs de la droite et de l'extrême droite.
De plus, comment ne pas parler «d'idéologie qui rebute», sans parler de valeurs religieuses?
Les pro-vies qui sont en faveur de la peine de mort, aiment bien se promener le crucifix. M. Harper doit se faire dire par ses conseillers, de ne pas trop sortir sa bible. Et pour une bonne partie de ces réformistes conservateurs, le créationnisme n'est pas si fou que ça.
Ah oui! Comme dit notre chansonnier Sébastien Lacombe :
"C'est tragique l'Amérique
Quand y'a dieu et le fric
Main dans la main

La guerre l'autre bord
On s'en fout, on s'endort

C'est facile pour nous
On est si bien chez-nous
Loin des folies

Une chanson à bien écouter.

C'est tragique le Québec, c'est encore plus tragique le Canada.
Une crise des valeurs humaines, déguisée en crise économique, alimentaire, énergétique, environnementale. Et ici, on crie: "Le Québec un pays"
Oui, pour moi aussi je voudrais "Le Québec un pays" , mais entre temps, il faut bien voir vers où le Canada, l'Amérique et même, la planète s'en va.
On aura beau être un pays, nous ne sommes pas LE monde entier et il faut bien se rendre compte que les problèmes canadiens, américains et planétaires nous affectent.

Les prochaines élections (pour nous) seront Québécoises. Nous verrons bien, à ce moment, si cette «idéologie rebutante» véhiculée par les beaux et bien mis et sympathiques Adéquistes saura séduire une bonne partie du Québec.

Mme Chouinard est catégorique:
«Non. On ne peut l'expliquer autrement: la rebuffade des conservateurs au Québec est intimement liée à l'idéologie qu'ils véhiculent.»

Moi, j'hésite à trancher si facilement.
Le faux sentiment de se donner un pays en votant Bloc, en emboîtant le pas à cette solidarité qui N'ENGAGE À RIEN, a peut-être joué encore plus que le rejet de ces folles valeurs réformistes.
On crie plus fort: "Le Québec un pays" qu'on a le courage de le faire.
Un pays se fait avec du courage et non pas des enfantillages.

J'ai peur que le Québec ait voté pour se distinguer du ROC plutôt que pour rejeter la folie réformiste.
La force de l'ADQ est alarmante tout comme celle de Harper.

M. Harper se fout bien de gouverner dans l'opprobre. D'ailleurs, il ne connaît pas la honte, tout comme son fidèle Maxime.
L'important pour ces réformistes, peu importe l'opprobre, c'est de faire avancer l'argent et le bien (sic). Lorsque la main du tout-puissant nous guide, on ne craint rien, surtout pas l'opprobre.


Serge Charbonneau
Québec

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