La défaite risque d'être lourde de conséquences pour Dion

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Kathleen Lévesque
Édition du mercredi 15 octobre 2008

Mots clés : Défaite, Conséquences, Stéphane Dion, Parti politique, Élection, Canada (Pays)

Déjà hier soir, le leadership de Stéphane Dion faisait l'objet de discussions entre des militants

Des militants libéraux, visiblement déçus, attendaient hier soir que leur chef, Stéphane Dion, viennent les saluer et concéder la victoire aux conservateurs de Stephen Harper.

Photo: Jacques Nadeau

Difficile de croiser des mines réjouies hier soir lors du rassemblement libéral qui attendait l'arrivée du chef Stéphane Dion. Le verdict des électeurs de cette épreuve électorale semble avoir laissé les troupes dans le doute pour la suite des choses.

À 23h45, quelque 200 partisans, dont une majorité d'hommes et de personnes issues de l'immigration, meublaient la salle envahie par les journalistes. Les seuls moments qui ont brisé le silence, provocant un semblant d'ambiance avec quelques applaudissements furent l'avance des Justin Trudeau dans Papineau et Eleni Bakopanos dans Ahunstic devant des bloquistes. Même chose dans Outremont où les résultats fragmentaires montraient que le libéral Sébastien Dhavernas était en tête devant le néodémocrate Thomas Mulcair. Aussi, l'élection du nouveau venu Marc Garneau dans Westmount-Ville-Marie et la réélection de Denis Coderre dans Bourassa et les vedettes Bob Rae et Michael Ignatieff, en Ontario, ont suscité des hourras.

Mais en général, l'heure n'était guère aux réjouissances. Le PLC semblait se diriger vers une perte sèche de vingt sièges à l'échelle du pays alors qu'à la dissolution de la Chambre des communes, les libéraux en détenaient 95. Quelques militants osaient déjà discuter des lendemains au sein du PLC. Certains chuchotaient sur le leadership de Stéphane Dion.

Pourtant, la coprésidente de la campagne nationale, Nancy Girard, donnait l'assurance que l'équipe avait déployé de grands efforts pour assurer la victoire du PLC. Malgré tout, les bras croisés et les sourcils froncés des uns et des autres en disaient long sur l'aigreur du moment.

«J'ai le sentiment qu'on a tout fait», a laissé tomber dans un soupir Mme Girard. «Ce qui était important pour nous, c'était de transmettre une vision différente de celle de droite alors que nous avons une vision beaucoup plus progressiste. C'est extrêmement positif parce que c'est ça, un débat de société», a-t-elle rappelé.

Cette dernière a reconnu que le PLC a traversé une campagne difficile surtout les trois premières semaines. C'est d'autant plus vrai, selon elle, que les conservateurs ont mené une campagne de dénigrement avant même le déclenchement officiel des élections. «Il y a eu huit lancements de publicité négative avant la campagne. Ça ne peut faire autrement que d'entrer dans le subconscient des gens par rapport à l'image de M. Dion», a fait valoir Mme Girard.

C'est ce qui expliquerait le casse-tête pour le chef libéral de capter l'attention des électeurs. Les conservateurs l'ont souvent présenté comme quelqu'un manquant de leadership. En cela, le PC a été aidé par les tiraillements dans les rangs libéraux sur le leadership de leur chef. Mis sur la défensive, décrit comme peu combatif, Stéphane Dion a maintenu le cap sur le fond des dossiers, refusant d'attaquer en bas de la ceinture ses rivaux. Il s'est montré presque téméraire avec sa vision environnementale. Il n'a jamais reculé sur le Tournant vert malgré le fait que ce plan entraînerait une taxe sur le carbone.

Les libéraux ont toutefois connu une embellie à partir du dévoilement de leur plate-forme électorale. Plusieurs analystes économiques confirment que la taxe sur le carbone n'entraînerait pas une récession comme le martèlent les conservateurs.

L'image de Stéphane Dion apparaît améliorée alors que se déroulent les débats des chefs. La crise financière aux États-Unis qui a pris des proportions mondiales, s'est invitée dans la campagne électorale canadienne. Cela donne le ton de la fin du parcours. M. Dion en profite pour proposer un plan d'intervention pour faire face aux problèmes financiers et leurs possibles effets sur l'économie. Il s'agit d'un plan dans les 30 premiers jours d'un gouvernement libéral. Pendant un moment, cela a semblé favorisé M. Dion par rapport au laisser-faire de Stephen Harper. Mais peut-être est-ce trop peu trop tard comme semblaient le signifier les nombreux haussements d'épaules des partisans réunis en attendant le discours de leur chef.

Sur les derniers milles, les anciens premiers ministres Paul Martin et Jean Chrétien sont venus prêter main-forte en présentant Stéphane Dion comme l'homme de la situation.

Au cours de la dernière fin de semaine, il avait fait un dernier blitz en traversant le Canada d'est en ouest, invitant les progressistes de tout le pays à voter libéral pour un «Canada plus prospère, plus juste, plus vert». M. Dion aura parcouru plus de 50 000 kilomètres à travers le pays au cours des cinq dernières semaines.


Vos réactions


Le grand nul. - par Gerry Pagé
Le vendredi 17 octobre 2008 09:00

A qui la faute.... - par Raymonde Chouinard
Le mercredi 15 octobre 2008 21:00

LE PLC PLUS DÉCIMÉ QUE JAMAIS! - par Antoine 49
Le mercredi 15 octobre 2008 15:00

L'impact Dion - par Labrèche Jean-Marc
Le mercredi 15 octobre 2008 11:00

Campagne de Mr Dion - par Anacia Léné
Le mercredi 15 octobre 2008 06:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?