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Analyse trop québéco-québécoise, selon moi

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Belanger Marc
Envoyé Le mardi 14 octobre 2008 07:00



D'une, il faut nuancer le libéralisme de Sarkozy. Les purs libéraux sont une petite minorité en France.
Déréglementer signifie reréglementer le fonctionnement - parfois ubuesque, corporatiste et contre-productif - de l'administration. En finir avec l'Etat-providence ne veut pas dire en finir avec l'Etat. Surtout pas en France où Etat et nation sont indissociables.

De deux, pour la France, la langue n'est pas une fin en soi mais un moyen et une conséquence de l'influence et de la géopolitique.
Ce qui arrive avec l'anglais s'est déjà produit à la Renaissance avec l'italien. Si Richelieu a alors créé l'Académie française, au final ce sera le Grand Siècle qui fera la langue et non l'inverse.
Les Français placent la géopolitique avant la langue avec laquelle ils s'accordent dès lors des libertés, effectuant des revirements incompréhensibles pour les autres francophones en général et les Québécois en particulier.

De trois, les Québécois n'ayant pas d'ambitions géopolitiques, il ne faut pas s'étonner que le Québec soit un théâtre secondaire (et de plus complexe, cf Canada) pour Sarkozy.
L'avenir et l'influence géopolitiques de la France se joue en Europe plus exactement dans le rapprochement UE-Russie qui occupe bien plus l'esprit de Sarkozy que la situation québéco-canadienne.
On décrit Sarkozy comme atlantiste... à tort. Etre pour l'Europe de l'Atlantique à l'Oural (qui signifie la fin de la tutelle américaine en Europe) et atlantiste est antinomique. Dans cette bataille géopolitique majeure, de quelle utilité est le Québec pour la France ? Pas grand chose en l'état actuel.
On rappelle souvent le voyage de de Gaulle au Québec en 67, on oublie toujours son voyage quelques semaines après en Pologne où il définit devant son homologue et les députés polonais ce qui est la priorité et la vision politiques de de Gaulle, de la France et que poursuit Sarkozy.

Le double discours de Sarkozy dans ces trois domaines ne l'est pas à proprement parler. Il ne cache pas des revirements politiques. Tout au plus, on peut dire qu'il s'adapte aux besoins du moment voire au public et à l'assistance (si on veut être mêchant mais ce qui n'est pas totalement faux).
Pour Sarkozy, l'Etat ne peut pas être contesté, la géopolitique prévaut sur la langue, la langue est une conséquence de l'influence, l'influence s'obtient par la géopolitique. Classiquement français. Très français.

En conclusion, je dirai que les Québécois devraient privilégier la géopolitique avant la langue afin de mieux servir au final cette dernière. On demande aux Français de coller à la logique des Québécois. Soit, mais il serait opportun et utile que cela se fasse aussi dans l'autre sens et de comprendre que - c'est une évidence pour les Français, évidence historiquement vérifiée - ce n'est pas la langue française qui a fait l'influence (et la géopolitique) de la France mais l'inverse.

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