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L'État organisé, une filiale du crime organisé
« Le sauve-qui-peut »
Il est étonnant de constater à quel point l'Économie peut émouvoir.
Le monde entier (sic), enfin le monde «industriel» entier, s'émeut et «agit».
Des milliards, en quelques jours!
Pourtant, lorsqu'une bonne partie du monde "entier", meurt de faim ou vit dans des conditions d'extrême pauvreté, le monde ne s'émeut guère.
C'est étonnant et surtout très triste de constater ce fait.
Il y a quelques jours, des milliards, pas des millions, des milliards, ont été débusqués pour «sauver» des banques. Bien sûr, ces banques représentent aussi une petite partie du bien-être de tous, mais, surtout, LE bien-être des biens nantis.
Lorsqu'une catastrophe affecte des millions d'Êtres Humains, il faut de longues et multiples tergiversations pour trouver quelques millions, non pas des milliards, mais de pauvres petits millions.
Notre langue française, avec ces deux mots: milliard et million, tellement similaires au son, qu'elle nous atténue l'énorme différence qu'il existe entre un milliard et un million.
Lorsque j'écris rapidement, il m'arrive d'écrire un terme au lieu de l'autre.
On sait, pour en avoir tous rêvé, ce que représente, grosso modo, un million.
Tout le monde, ici, et probablement dans le monde entier, rêve ou a, un jour, rêvé, de gagner un million.
Mais jamais personne, enfin je crois, ou disons, très peu de personnes, n'a rêvé de gagner mille millions, c'est-à-dire, un milliard.
Eh! Oui! Un milliard, c'est mille millions, faut-il le rappeler?
Le monde ne s'émeut point des centaines de vies qui disparaissent par les armes à chaque jour.
C'est devenu «anodin» d'entendre, que cent terroristes, cent talibans, cent insurgés, ont été tués. Tués par des armes dont on ne nous dit pas le prix.
Ça ne coûte JAMAIS TROP CHER pour TUER !
Ça coûte TOUJOURS trop cher pour aider !
On rapporte qu'au Zimbabwe, les gens meurent de faim, on rapporte qu'en Afghanistan, les gens meurent de plus en plus de froid à chaque nouvel hiver, on rapporte qu'en Afrique, bien des gens ne peuvent se payer la nourriture élémentaire pour vivre sans avoir faim.
Le monde demeure insensible. On s'émeut une fois par trois mois lorsque la nouvelle veut nous faire condamner un politicien ou un régime, et on oublie le lendemain, lorsque la nouvelle "stratégique" des gens qui meurent indignement, s'estompe. Pourtant, chaque jour des gens meurent ainsi et ce n'est bien souvent pas LA faute des personnes pointées et sévèrement condamnées.
Les gros portefeuilles peuvent bien dire «Merci l'État».
L'État est aux services des riches et des nantis.
Combien de victimes de Katrina ont pu dire «Merci l'État» ?
Combien d'Irakiens ou d'Afghans peuvent dire «Merci l'État» ?
Quelques corrompus, c'est tout.
On nationalise facilement la dette, mais on a en horreur de nationaliser le profit.
Observez tous ces éditoriaux de dégoûts lorsqu'un gouvernement "nationalise" une compagnie rentable!
C'est la condamnation immédiate. On pleure ces tristes faits. Pensez à tous ces pays d'Amérique du Sud qui nationalisent "à tout va" !
Le méchant Chávez avec son pétrole... combien de «milliards» ont perdu ces "pauvres" compagnies ?
Le méchant Morales avec son gaz...
La méchante Fernandez qui veut distribuer les profits du soya...
Le méchant Correa avec son pétrole...
Le méchant Lugo avec son électricité...
Tous des méchants qui nationalisent "à tout va" les profits.
Nos bons (sic) Bush, Sarkozy, Harper, eux, nationalisent la dette, les pertes. Jamais ils ne nationaliseraient les profits. C'est sans doute contraire à l'enseignement de dieu! Car, c'est clair, ces hommes sont bons et sont guidés par le tout-puissant. God save the profit !
«Au cours des quatorze derniers mois et non des dernières semaines, les banques centrales de l'Amérique du Nord, de l'Europe et du Japon ont abreuvé l'univers de milliards de capitaux, en plus d'accorder aux banques une série de soldes sur l'argent emprunté.»
Où donc est passé tout cet argent?
Dans la poche de Chávez, dans la poche de Castro, dans la poche de Mugabe, dans la poche de ceux qui se plaignent d'avoir le ventre vide, dans la poche des talibans (peut-être), ? Où ?
Chose sûre, dans peu de poches.
Dans quelques poches, déjà bien garnies... des milliards.
Le robinet des milliards a été ouvert pour quelques-uns.
Et dire que l'on peine à laisser couler au goutte à goutte, quelques misérables millions pour aider et pour soulager la misère!
Pour faire avaler cette pilule de mauvais goût, on s'emploie à parer de mystères les "singularités" techniques.
Oui, à regarder la marche du monde, on se rend bien vite à l'évidence, que nous sommes sous le joug de l'argent organisé, cette sorte de crime organisé.
Serge Charbonneau
Québec
