Sommet de Québec - La Francophonie veut relancer son action en faveur du français
Mots clés : Abdou Diouf, Sommet de Québec, Francophonie, Français (langue), Québec (région)
Il est question de former 300 000 instituteurs et d'ouvrir 1000 centres de lecture
Paris -- Alors que plusieurs se désolent du peu de place qu'occupe la promotion de la langue française dans la Francophonie, ses responsables s'apprêtent à proposer une série de mesures destinées à relancer cette action. À quelques jours du Sommet qui s'ouvrira à Québec vendredi, Le Devoir a appris que le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, et l'administrateur de l'OIF, le Québécois Clément Duhaime, proposeront que l'Organisation s'engage à former 300 000 instituteurs francophones en Afrique et dans les Caraïbes. Il est aussi question de créer un millier de nouveaux centres de lecture, à l'image de ces 230 bibliothèques de village ou de quartier qu'anime déjà l'OIF dans 18 pays d'Afrique, des Caraïbes, de l'océan Indien et du Proche-Orient.Plus généralement, les responsables de l'OIF entendent demander aux ministres et aux chefs d'État et de gouvernement de dépasser les «voeux pieux». Ils inviteront les ministres à «prendre acte de la nouvelle concurrence linguistique et culturelle qui se déploie sur notre planète» et à mettre à la disposition de l'Organisation «des capacités renouvelées». Sera-t-il demandé aux pays membres d'accroître leur contribution dans ce sens? On ne le sait pas encore.
La création de plus de 1000 centres de lecture et d'animation culturelle apparaît comme un objectif très ambitieux, à côté des 230 qui existent actuellement. Nés en 1998, sur la proposition du Québec, ces centres comptent parmi les plus belles réussites de la Francophonie. Situés dans des villages éloignés ou des quartiers défavorisés des grandes villes, ils offrent aux enfants des livres en français et dans leur langue nationale, ainsi qu'un lieu d'animation culturelle souvent doté de moyens audiovisuels. Il s'agirait donc de quadrupler le nombre actuel de ces centres. Les responsables de l'OIF entendent aussi développer la formation des maîtres à distance, notamment par l'utilisation d'Internet.
Plusieurs observateurs, comme Hervé Bourges, ancien président de la télévision publique française, et Louise Beaudoin, ancienne ministre québécoise des Relations internationales, demandent depuis longtemps à la Francophonie de recentrer sa mission et d'accroître ses actions en faveur du français. Rejointe hier, l'ancienne ministre demeurait néanmoins sceptique. «En ira-t-il des objectifs de la Francophonie comme des objectifs du millénaire à l'ONU?, demande-t-elle. J'attends encore de voir les actes qui vont suivre.» L'ex-ministre se dit notamment très déçue du peu de progrès du français dans les pays membres. Un problème pourtant identifié au sommet de Bucarest il y a deux ans. «Je ne demande qu'à être convaincue», dit-elle.
À Québec, dimanche prochain, les chefs d'État et de gouvernement des 55 pays membres discuteront de l'avenir de la langue française. Une première dans un sommet de la Francophonie. Le président Nicolas Sarkozy sera cependant absent de cette portion du sommet, puisqu'il quittera Québec samedi soir.
***
Correspondant du Devoir à Paris
Vos réactions
Le Canada... français ? - par Claude L'Heureux (claude.lh@sympatico.ca)
Le mardi 14 octobre 2008 16:00
Et au Québec ? - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le mardi 14 octobre 2008 15:00
La Francophonie en faveur du français ? ! - par Gilles Bousquet
Le mardi 14 octobre 2008 08:00

