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La "pertinence" du Bloc québecois
En 1980, lors d'un discours précédent le vote référendaire, Pierre Elliot Trudeau avait promis des changements constitutionnels qui répondraient aux aspirations du Québec. On connaît la suite, il a, avec l'aide des provinces anglaises, rapatrier la constitution sans l'accord du Québec, en y joignant une Charte des droits qui portent atteintes aux droits du Québec notamment en matière de langue et d'éducation. En plus, la nouvelle constitution prévoit une formule d'amendement impossible à mettre en oeuvre et qui empêche le Québec d'obtenir une quelconque modification à la constitution.
En 1984, Brian Mulroney est élu avec la promesse de réintégrer le Québec dans le giron constitutionnel ce qui conduit à l'accord du Lac Meech rejeté par deux provinces canadiennes en 1990 (avec la complicité du parti libéral fédéral). Les tentatives subséquentes (Commissions d'études tant au fédéral qu'au Québec, l'Accord de Charlottetown...), pour dénouer l'impasse constitutionnelle ne donnent aucun résultat.
Le Bloc Québécois est le produit de cette impasse.
Il y a plusieurs facteurs pour expliquer le succès du Bloc aux élections fédérales depuis 1993, mais il demeure qu'en votant pour le Bloc, les québécois, autres que les souverainistes, expriment ainsi leur désaffection pour les partis fédéraux (libéral et conservateur) qui n'ont pas réglé, et qui ne veulent pas régler, la question de la réintégration constitutionnelle du Québec dans le Canada et ce, en lui reconnaissant son caractère distinct et les pouvoirs qui en découlent. À ce sujet, on a bien vu que la reconnaissance symbolique et alambiquée de la nation québécoise par Stephen Harper n'a pas donné les résultats électoraux qu'il escomptait obtenir au Québec.
Le Québec ne peut plus espérer un changement constitutionnel qui lui serait favorable puisque la vision politique du « Rest of Canada » s'est imposée et a triomphé. Dans ce contexte, même en envoyant à Ottawa des députés québécois, conservateur ou libéral, pour faire parti d'un gouvernement majoritaire, rien ne va changer. D'autant que le pouvoir politique constitutionnel canadien est concentré aux mains du pouvoir exécutif à la tête duquel le chef du gouvernement, le premier ministre, joue un rôle considérable dans les destinées de l'État canadien. Nous avons d'ailleurs pu encore une fois le constater avec Harper même si son gouvernement était minoritaire.
