Les plantes tropicales: votre joker antipollution

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Jean-Claude Vigor
Édition du samedi 11 et du dimanche 12 octobre 2008

Mots clés : Plantes tropicales, Pollution, santé, Québec (province)

Les plantes d'intérieur nous sont aussi utiles - voire  indispensables - que l'électricité.

Lorsqu'on regarde certaines émissions sur la décoration intérieure, force est de constater que les plantes, autrefois considérées comme des éléments de décoration, sont devenues vieux jeu, obsolètes; on semble penser que l'espace qu'elles occupent rapetissent visuellement des pièces de toute évidence déjà trop petites.

Je croyais que nous avions fait des progrès en ce qui concerne la compréhension du rôle des végétaux, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. Dois-je encore rappeler que les plantes ne sont pas de simples objets de décoration ni des «bouffeuses» d'espace? Leurs qualités sont bénéfiques, voire indispensables à la décontamination de l'air intérieur et extérieur.

Je me souviens des efforts déployés dans les bureaux lorsque des soupçons d'air contaminé planaient sur les édifices et de la naissance des aménagements paysagers d'intérieur. Mais voilà, nous sommes bien loin de la «végétalisation» des bureaux des années 1970. L'augmentation du nombre des employés et du mobilier a eu pour résultat d'envoyer les plantes sur les classeurs, dans les recoins, puis aux oubliettes...

Les contrats d'entretien des plantes, autrefois accordés à des horticulteurs, ont été transférés aux entreprises d'entretien puis aux employés bienveillants arrosant le «bouquet», trop souvent jugé faussement inutile et bien encombrant. Bureaux, maisons, condos, chaque pied carré compte, paraît-il! Alors, les plantes... Pourtant, celles-ci sont aussi utiles, voire aussi indispensables que l'électricité. Tous les jours nous respirons approximativement de 6 à 10 litres d'air chaque minute, soit environ 15 000 litres par jour.

«Dans un espace clos, la qualité de l'air intérieur est un facteur de performances intellectuelles. Notre cerveau consomme 20 % de l'oxygène que nous respirons et il est très sensible à la présence de polluants. Pour l'entreprise, des employés en mauvaise santé génèrent une perte de productivité et leur faiblesse intellectuelle, une perte de compétitivité. De manière très pragmatique et sans avoir à rentrer dans les études scientifiques qui le démontrent, le temps qu'un employé passe à se frotter les yeux, se moucher, tousser et se plaindre de ses maux de tête est totalement improductif» (Phytair®).

À la maison et au bureau, des matériaux de construction modernes, les colles, les tissus, les moquettes et tapis, les produits nettoyants et les pesticides nous exposent à une grande variété de produits chimiques. On sait maintenant que la présence de ces produits chimiques, même si les niveaux en sont faibles, nuit à la qualité de l'air, entraînant des effets potentiellement néfastes pour la santé.

Plus de 300 composés organiques volatils (COV) différents ont été identifiés dans l'atmosphère des bureaux. On soupçonne que l'exposition à ces polluants est la cause majeure des maux de tête, des états léthargiques, de la fatigue des yeux et des problèmes respiratoires. L'Organisation mondiale de la santé indique que le «syndrome des bâtiments malsains ou malades» a augmenté de façon inquiétante depuis une trentaine d'années. Il affecte aujourd'hui de 25 à 30 % des personnes qui travaillent dans des bureaux, provoquant chez elles diverses affections plus ou moins graves, parfois chroniques.

Le remède? Il est si simple, trop peut-être! Il suffit de s'entourer de certaines espèces de plantes tropicales, celles-ci s'adaptant mieux à nos conditions intérieures.

«Leurs racines, en association avec les micro-organismes du sol, sont capables d'absorber de grandes quantités de polluants», selon Marc Grollimund et Isabel Hannebique, dans Plantes dépolluantes pour la maison, un livre très complet paru aux Éditions Ulmer.

«Les premières recherches datent de 1974, à l'initiative de la NASA», rappelle Geneviève Chaudet. À l'époque, l'agence spatiale américaine s'inquiétait de la qualité de l'air dans les capsules spatiales, où elle avait détecté la présence de 107 composés organiques volatils toxiques ou irritants. L'expert engagé pour résoudre le problème, Bill Wolverton, a fait des tests pour vérifier si des plantes pouvaient absorber les polluants dans l'air. Ces tests furent probants. Une liste d'une cinquantaine de plantes, chacune classée et notée, est publiée dans ce livre.

Les plantes dépolluantes

Le benzène et le n-hexane sont souvent utilisés comme solvants dans les encres, les peintures, les matières plastiques et les détergents; ils sont aussi présents dans la fumée de cigarette. Le lierre (Hedera helix) est la meilleure plante connue pour éliminer le benzène, mais il y a aussi le Spathiphyllum, le Dracaena marginata, le Sansevieria, l'Aglaonema et quelques autres plantes.

Le méthanal, ou formaldéhyde, ou aldéhyde formique, est présent dans les rejets des automobiles, dans la fumée du tabac, dans les peintures... La meilleure plante qui soit pour éliminer le formaldéhyde est la très connue plante-araignée (Chlorophytum), mais le populaire Philodendron monstera, les Ficus, les Dracaena et le Spathiphyllum font de même.

Sont aussi intéressants les palmiers, comme le Chamaedorea, les fougères, comme la populaire fougère de Boston, le Ficus alii que j'aime beaucoup, différent du Ficus benjaminii avec ses feuilles plus grandes, l'élégant pin de Norfolk (Araucaria), l'arbre parassol (Schefflera) et l'étrange Beaucarnea, pour ne nommer que ceux-là.

Le cactus cierge Cereus peruvianus limite les effets néfastes des transmissions d'ondes diffusées par les postes de télévision (le poser sur le poste télé et près du matériel électronique). Mais si vous préférez l'arbre de jade (Crassula arborescens), il se trouve dans la liste des plantes utiles pour les bureaux et la cuisine car il réduit les ondes électromagnétiques des écrans d'ordinateur et des micro-ondes.

Combien de plantes doit-on installer dans un bureau ou dans la maison? Les chercheurs parlent d'une plante importante et en bonne santé pour 10 mètres carrés. Ils nous recommandent beaucoup plus de plantes dans une construction neuve car le taux de polluants y est plus élevé. Rappelons que les maisons trop hermétiques, avec un système d'échangeur d'air déficient, emprisonnent les divers polluants, qui inévitablement passeront dans les poumons!

Petite note d'un jardinier sur son départ

Amis lecteurs, merci de m'avoir lu et suivi toute cette saison. Merci à l'équipe de rédaction du Devoir qui, cette année encore, a permis la publication de cette superbe page couleur. À mon cher collègue Philippe Mollé, qui ne rêve qu'à cette page couleur: tu en auras besoin durant l'hiver blanc; savoure!

Et pense au pauvre jardinier migrateur obligé de cultiver son art sous des cieux plus cléments... Là où le soleil et la lumière jouent dans des feuillages exotiques et où les fleurs multicolores embaument les nuits de pleine lune. Mais n'est-ce pas là le lot des disciples du frère Marie-Victorin et du frère Léon?

Je vous souhaite un bel hiver! Et rappelez-vous: «Le jardinage, c'est l'art de perdre son temps... Mais quel grand art!»

Jean-Claude Vigor, Chevalier de l'Ordre de Romarin

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Biblioscopie

Créer un mur végétal en intérieur et en extérieur

Jean-Michel Groult, Éditions Ulmer, 2008, 192 pages

Peut-être avez-vous vu les magnifiques murs végétalisés du Musée du Quai Branly à Paris, réalisés par le botaniste Patrick Blanc. Nombreux sont ceux qui rêvent de suivre son exemple à une échelle plus modeste chez eux. L'auteur fait le tour des techniques pouvant être réalisées par les amateurs eux-mêmes.

Après une présentation du principe et du fonctionnement de ces «jardins verticaux», vous trouverez dans ce livre pratique les différentes techniques à la portée des amateurs, ainsi que toutes les étapes pour créer chez vous un mur végétal, en intérieur comme en extérieur. Ces conseils sont accompagnés d'un guide illustré des plantes les plus adaptées à ce type de milieu.

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La semaine du jardinier

Samedi 11 octobre, Saint-Firmin. Le Scindapsus aureus (Epipremmum), souvent nommé pothos, est une plante très facile d'entretien et capable de survivre dans des conditions d'environnement difficiles. Il est l'un des champions de la dépollution intérieure. Il élimine le benzène, le CO, il absorbe le formaldéhyde, le toluène, l'hexane et le trichloréthylène.

Dimanche 12 octobre, Saint-Wilfried. L'Aglaonema commutatum ressemble au Dieffenbachia, mais il supporte encore mieux les pièces peu éclairées. Toute la plante est dépolluante: racines, tiges et feuilles. Elle absorbe surtout les formaldéhydes et, en moindre quantité, le benzène.

Lundi 13 octobre, Saint-Géraud. Ah! comme les vieilles croyances sont difficiles à abandonner... Il n'y a aucun inconvénient à avoir des plantes dans une chambre à coucher. Celles-ci produisent de l'oxygène en quantité beaucoup plus importante que le gaz carbonique rejeté... Aussi, une plante rejettera toujours moins de gaz carbonique que votre ami ou amie, ou que votre chien ou chat, qui dort dans la même pièce que vous.

Mardi 14 octobre, Saint-Juste. À éviter dans une chambre: les plantes à floraisons parfumées, qui peuvent troubler le sommeil, ainsi que les bouquets de fleurs coupées et les plantes qui dépérissent. Dans les hôpitaux, les plantes fleuries et les bouquets étaient traditionnellement placés dans les couloirs la nuit, la température y étant plus basse, assurant ainsi leur longévité.

Mercredi 15 octobre, Sainte-Thérèse d'Avila. La photosynthèse est le processus bioénergétique qui permet aux plantes de synthétiser leur matière organique en exploitant l'énergie solaire. La nuit, la photosynthèse est suspendue. La plante, respirant jour et nuit (comme nous), rejette donc du gaz carbonique la nuit comme le jour. Mais sur 24 heures, la production de dioxyde de carbone issue de la respiration est moins importante que celle en dioxygène issue de la photosynthèse.

Jeudi 16 octobre, Sainte-Edwige et Saint-Gall. Voici la traditionnelle recette «anti-grippe» de l'herboristerie du Palais Royal à Paris. Vous avez besoin de cinq ingrédients (pour une tasse): de trois à cinq baies de genévrier, que vous devez écraser; deux feuilles de laurier sauce; deux clous de girofle; une pincée de fleurs de tilleul; une pincée de cannelle pour le goût. Infusez le tout de 5 à 10 minutes avec de l'eau frémissante, sucrez avec du miel éventuellement. Voilà de quoi tenir la grippe loin de vous...

Vendredi 17 octobre, Saint-Baudouin. Ouf! Enfin, voici mes fleurs de colchiques... J'avais peur qu'elles ne soient pas au rendez-vous. Aujourd'hui je peux compter deux bonnes douzaines de fleurs! Comme tout jardinier, j'ai des rites de passage. La floraison de mes colchiques me fait penser aux châtaignes de mon enfance, à l'odeur des marrons chauds, aux gaufres belges et aux berlingots des pâtissiers des rues et des fêtes foraines! Ce sont aussi les préparatifs de l'hivernage, de l'engrangement: la fin d'une saison de jardinage et le début d'une longue saison de liberté!


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Bonne analyse des polluant - par Couacc Couacc
Le vendredi 27 mars 2009 15:00

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