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Yvon Montoya
Envoyé Le vendredi 10 octobre 2008 08:00



La France ne peut en réalité s'intéresser à la francophonie car cette dernière correspond à des ex-pays coloniaux non à celui qui a pour langue maternelle/culturelle le français tel qu'il est parlé en France non ailleurs. Ce n'est pas une langue officielle en France, c'est une langue maternelle (même si on écrit officielle elle n'a pas besoin de loi 101. D'ailleurs sur ce point grâce a l'Internet, on peut écouter et voir des milliers de français s'exprimer et on n'entend AUCUN mot anglais ni structures syntaxiques anglaises dans leurs expressions comme dans le québécois écrit et parle. Faites-en l'expérience pour se dégager de la mauvaise foi tant usée dans nos parages). Si la problématique de la francophonie est celle de constater que les gens qui parlent le français ne sont pas nécessairement des français de France mais des personnes qui parlent cette langue dans d'autres lieux et horizons sociétaux différents comme en Afrique, Haïti ou le Québec, ce n'est pas le cas pour la France. Si au Québec on dit «parquer » (traduction de l'anglais « to park ») pour « stationner », ce n'est pas le cas pour les français. C'est dans ce sens que pour préserver la langue le « francophone » devra aussi traduire des termes qui musicalement ressemblent a du français mais n'en est point ou alors il y aurait un distinguo entre le francophone et le francais a faire. Les francophones comme les écrivains de nationalité autre que la française se doivent de défendre une langue qui a pour origine la langue française et donc de créer des organisations pour ce faire mais cela ne peut être une préoccupation par définition française. Dans ce sens, Sarkozy reste cohérent. Flaubert est un écrivain français, VLB est un écrivain francophone tout comme Senghor ou Aime Césaire. C'est comme pour l'Algérie devenue francophone par sa colonisation alors que beaucoup d'algériens maitrisent le français mieux que les québécois, largement.
Historiquement le mot francophonie fut créé par Onésime Reclus (1837-1916), un géographe français et plus tard en 1962 ce fut le tour de L. S. Senghor de le populariser. Onésime Reclus dit bien que ce mot concerne les pays coloniaux et non la France : « « tous ceux qui sont ou semblent être destinés à rester ou à devenir participants de notre langue ». C'est cela la francophonie, une participation a la langue francaise. La France est loin d'y participer dans ce sens, elle est historiquement, culturellement, ontologiquement partie prenante.

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