Québec pourrait revenir dans le giron bloquiste

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La Presse canadienne
Édition du jeudi 09 octobre 2008

Mots clés : Bloc québécois, Gilles Duceppe, Élection, Canada (Pays), Québec (province)

Gilles Duceppe se réjouit des plus récents sondages, mais il prie ses sympathisants de ne pas compter les conservateurs pour battus

Québec -- Ragaillardi par une série de coups de sonde favorables, Gilles Duceppe a appelé hier les électeurs à se rendre aux urnes massivement mardi prochain afin de faire barrage aux conservateurs.

«Attention! Les appuis dans les sondages, ce ne sont pas des votes. Il suffirait que les Québécois tiennent pour acquis les résultats du 14 octobre et qu'ils n'aillent pas voter en masse pour qu'on se réveille avec une majorité conservatrice», a lancé le chef du Bloc québécois devant quelques centaines d'étudiants de l'Université Laval, à Québec, pour la vaste majorité conquis à la croisade anti-Harper.

Quasi rayés de la carte des circonscriptions de la capitale à l'élection de 2006 -- le Bloc n'en avait conservé qu'une sur cinq --, les bloquistes, sondages internes à l'appui, se prennent à rêver d'en reprendre aux moins trois au scrutin de la semaine prochaine.

À l'approche du jour J, Gilles Duceppe craint manifestement un excès de confiance chez les militants. Devant des partisans, comme en entrevue télévisée, le chef bloquiste a exhorté les électeurs tentés par le Bloc à ne pas baisser la garde.

«Quand on prend les choses pour acquises, on a tendance à moins travailler», a-t-il dit lors d'un entretien accordé à la télévision de Radio-Canada.

Gilles Duceppe ne se montre pas surpris outre mesure par le recul apparent du Parti conservateur dans les intentions de vote au Québec.

À mesure qu'ils affichent leur vrai visage, les conservateurs perdent des appuis, avait-t-il analysé, un peu plus tôt, en point de presse à Québec.

«Les gens ont vu qui ils étaient», a soutenu M. Duceppe, qui n'a de cesse de répéter depuis quelques jours que les «Québécois se sont levés et se sont élevés contre les politiques rétrogrades, le mépris et l'arrogance» de Stephen Harper.

D'abord méfiants, les électeurs ont pu constater que le «vieux fond réformiste» des conservateurs prend le dessus dans les orientations du parti, croit le leader du Bloc.

Convaincu de la victoire de Stephen Harper en début de campagne, M. Duceppe accepte aujourd'hui d'envisager la possibilité de collaborer avec un gouvernement libéral minoritaire dirigé par Stéphane Dion.

À cet égard, il s'est dit ouvert à d'éventuelles «alliances ponctuelles» avec le père de la Loi sur la clarté référendaire.

«C'est dossier par dossier. Dans le passé, le Bloc a travaillé autant avec le NPD, les libéraux et les conservateurs. On ne s'est jamais "barré les jambes" avec l'étiquette des partis», a-t-il expliqué.

En mi-journée, la caravane du Bloc s'est rendu à Saguenay en prévision d'un grand rassemblement en soirée, organisé par la FTQ, où la cible désignée est le ministre Jean-Pierre Blackburn, député de Jonquière-Alma.

«Pitoyable» dans sa gestion de la crise forestière et responsable des coupes dans les organismes de développement économique, M. Blackburn doit être sanctionné, a fait valoir M. Duceppe.


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