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Monsieur Harper, restez calme

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Gilbert Belzile
Envoyé Le mercredi 08 octobre 2008 09:00



Il est assez amusant de voir les chefs de parti de l'oppositon s'agiter en parlant d'économie. Ils agissent en gérant d'estrade et émettent toute sorte de théories et de plans (sic) pour corriger une situation mondiale. M. Harper ne s'agite pas et il a raison parce que le Canada est dans une bien meilleure situation que la plupart des pays et qu'il faut simplement laisser passer la tempête.
Lors du référendum de 1995 les souverainistes québécois avec à leur tête Jacques Parizeau ne cessaient de répéter que le Canada était un pays au bord de la faillite. Évidemment c'était grandement exagéré mais ils n'avaient pas complètement tort puisqu'à cette époque le pays faisait un déficit annuel de plus de 20 milliards $ et que la dette accumulée était à près de 600 milliards $.

Mais le gouvernement Libéral de Jean Chrétien, avec comme ministre des Finances Paul Martin, a remis le pays sur les rails et le gouvernement Harper a poursuivi dans la même voie. Depuis 1997 le pays ne fait plus de déficit et la dette est réduite aujourd'hui à environ 460 milliards $

Le pays a connu depuis, un développement des ses ressources énergétiques et minières qui l'a propulsé parmi les plus prospères du G8. Il est le seul pays du groupe ne faisant pas de déficit annuel.

Pourquoi le Canada a-t-il si bien performé? Le contexte énergétique favorable y a contribué beaucoup. En 1995 le baril de pétrole brut valait environ 20 $, aujourd'hui il vaut près de 100 $ après avoir atteint 145 $ au cours de l'été. Le Canada est actuellement considéré comme le pays qui a la plus grande richesse pétrolière au monde après l'Arabie Saoudite, surtout grâce aux sables bitumineux de l'Alberta. Au rythme où le pétrole canadien est exploité actuellement, la réserve pourrait durer 200 ans. Gageons que le Canada aura encore du pétrole alors que l'Arabie Saoudite aura pompé sa dernière goutte.

Le Canada est dans une position très avantageuse, il est très envié à travers le monde pour ses immenses ressources pétrolières et gazières et les capitaux y affluent. Des investissements des plus importants, de l'ordre d'une dizaine de milliards de dollars chaque année, sont en cours en Alberta dans les sables bitumineux principalement. Les Albertains d'abord, mais aussi tous les Canadiens du reste du pays commencent à en profiter, et ce n'est qu'un début.

Le Canada est un pays exportateur net de pétrole et de gaz naturel. La hausse du prix du pétrole et du gaz est en train de propulser le pays à des niveaux de prospérité jamais vus. En 2007, la balance commerciale du Canada était positive de 43 milliards $, c'est-à-dire que les exportations étaient supérieures aux importations de ce montant. Pour fin de comparaison, aux USA en 2007, la balance commerciale était négative de 900 milliards $. Cela à cause en bonne partie de l'importation de pétrole de l'étranger, d'une valeur plus de 500 milliards $ cette année.

Plusieurs analystes économiques pensent qu'il est le pays ou il faut investir dès maintenant pour profiter de cette prospérité qui débute, non seulement à cause du pétrole et du gaz naturel de l'Alberta mais aussi grâce à ses nombreuses autres ressources naturelles dont, en Saskatchewan, la potasse (premier producteur mondial) et l'uranium (premier producteur mondial), pour ne nommer que celles-là. Le charbon de la Colombie Britannique et de l'Alberta n'est pas en reste puisque la forte demande de la Chine pour les besoins de son industrie sidérurgique a même fait rouvrir des mines abandonnées.

Mais voilà, ceci était trop beau. Maintenant, le gouvernement Harper se fait attaquer de toute part sous prétexte que cet extraordinaire développement de nos ressources naturelles polluerait. On prétend qu'il faudrait y mettre un frein.

Les partis politiques de l'opposition aidés des groupes de pression écologistes attaquent férocement le développement des sables bitumineux comme s'il s'agissait d'une calamité.

Ils prétendent que l'on détruit la forêt boréale! Non mais, sait-on de quelle forêt l'on parle? Il s'agit d'immenses terrains marécageux, de la superficie de la Floride, où la végétation toute rabougrie stagne parce qu'elle a les racines dans un sol gorgé de pétrole lourd et d'eau. Voyons donc!

Ils prétendent que l'on pollue avec l'eau qui sert à séparer le pétrole du sable et de l'argile! Cette eau est entreposée dans des lagunes de décantation avant d'être réutilisée à nouveau. Mais de quelle eau s'agit-il? Cette eau provient des marécages où l'on prélève le pétrole, si elle est polluée, ne l'était-elle pas avant, à l'état naturel ?

Ils prétendent que l'exploitation des sables bitumineux produit des gaz à effet de serre! Mais où l'exploitation du pétrole ne produit-elle pas de gaz à effet de serre? La plupart des puits de pétrole ailleurs dans le monde ont atteint leur 'peak' et deviennent de plus en plus difficiles et coûteux à exploiter. Des techniques très sophistiquées doivent être utilisées pour soutirer le pétrole résiduel et les coûts augmentent. Et c'est sans compter les très grandes distances à parcourir pour livrer à travers le monde le pétrole aux pays importateurs.

Évidemment, personne ne peut être contre la vertu et les gaz à effet de serre doivent être combattus. Mais il faut se donner du temps et c'est, je crois, ce que le gouvernement Harper tente de faire. Des techniques de captation à la source du gaz carbonique (CO2) sont à l'étude et semblent prometteuses. Nous arriverons à diminuer ces rejets dans l'atmosphère mais cela ne peut se faire dans la précipitation.

Quel sommet les prix du pétrole atteindront-ils? Tout un chacun peut y aller de sa prévision mais ça risque d'être à des niveaux sans précédant lorsque la production mondiale ne suffira plus à la demande. Au nom de la souveraineté énergétique, les pays importateurs se verront forcés de débourser des sommes considérables pour se procurer l'or noir, mais cela ne pourra pas en empêcher le rationnement. Ce sera alors une crise énergétique mondiale.

Le pétrole des sables bitumineux n'est pas une calamité, comme le pensent certains. C'est plutôt une richesse qui va permettre aux canadiens de mieux traverser la crise énergétique à venir et qui va nous donner les capacités futures de mieux nous adapter aux changements climatiques.





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