L'Europe secourt ses banques
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La chancelière allemande Angela Merkel a tenu à rassurer ses compatriotes en soulignant que son gouvernement travaillait d'arrache-pied pour tenter de sauver cette banque. «Nous ne permettrons pas que la mise en péril d'une institution financière mette en péril le système tout entier», a-t-elle déclaré aux journalistes.
Un autre fleuron de la finance européenne était hier au coeur des préoccupations: la banque belgo-néerlandaise Fortis, dont l'action a dégringolé de 70 % depuis le début de l'année. Vendredi, déjà, l'État néerlandais avait annoncé qu'il prenait le contrôle des opérations néerlandaises de la banque, pour un montant de 16,8 milliards d'euros, suite à un précédent sauvetage qui n'avait pas permis de lever les doutes du marché. Ce qui revenait, de fait, à démanteler la banque en deux entités nationales.
Restait à trouver en urgence une solution pour la branche belge de Fortis avant la réouverture des marchés financiers ce matin. Le premier ministre belge, Yves Leterme, a exprimé l'espoir de trouver un repreneur solide à cette institution, premier établissement bancaire et principal employeur privé de Belgique. Mais pas à n'importe quel prix: le gouvernement belge préférait nationaliser Fortis plutôt que la brader.
En Islande, pays non membre de l'Union européenne, les pouvoirs publics et les dirigeants du secteur bancaire discutaient d'un possible plan de sauvetage des institutions commerciales du pays, particulièrement affectées par la crise du crédit. En Grande-Bretagne, le chancelier de l'Échiquier (ministre des Finances) Alistair Darling se disait prêt à prendre des «mesures de grande ampleur» que son gouvernement ne prendrait «pas en temps normal».
Toutes ces initiatives nationales indépendantes semblaient prises dans l'urgence, pour parer à des faillites imminentes ou par crainte de mouvements de panique des particuliers et des investisseurs. Mais apparemment elles ne s'inscrivaient pas dans un projet concerté entre partenaires européens. Pourtant, samedi, lors d'un mini-sommet à Paris, les quatre plus grosses économies du Vieux Continent (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie) s'étaient mises d'accord pour apporter une réponse coordonnée à la crise.

