Vos réactions

Nous avons besoin d'un gouvernement majoritaire

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Pierre-Yves Pau (pierre-yves.pau@hec.ca)
Envoyé Le samedi 04 octobre 2008 15:00



Harper a un plan. Il est simple... et c'est d'ailleurs pourquoi c'est le meilleur pour cette période de crise. Il a répété à plusieurs reprises ce qu'il allait continuer de faire s'il est réélu: continuer à créer les conditions pour un fonctionnement efficace des entreprises - pas se substituer à elles en créant 500 postes de fabriquants de miroirs d'un bord, pis 500 postes de briseurs de miroirs de l'autre.

Ce n'est tout de même pas de sa faute si une partie de l'électorat frise l'illestrisme économique. Ces gens là ne voteront jamais pour lui de toute façon parce qu'ils sont trop occupés à sauter sur leur chaise en répétant 'Harper = Bush = Satan = Machiavel' (et en sourdine: 'Harper j't'haïs, donne-moi donc des sous').

Ce sont des petits nenfants, à qui il faut promettre des choses agréables à entendre mais vides de sens: plan en 5 points (ou trois, ou quatre). Ce qu'il y'a dedans? Personne ne le sait vraiment, mais on peut s'en douter: plus de comités, de parlottes, de bureaucrates, et de dépenses publiques inutiles; et strictement aucun résultats (comment voulez-vous avoir le moindre impact sur une situation économique en 1 mois, comme le promet Dion? C'est de la foutaise).

Comme d'habitude, les libéraux voudraient que le marché soient aux ordres de l'État. Stéphane Dion s'inscrit ici dans une grande tradition, ou les fadaises qu'on raconte sont plus importantes que ce que l'on fait. Il serait plus à sa place dans la Ligue Nationale d'Improvisation, mais désolé pépère, les affaires marchent pas de même.

Harper au moins ne prend pas les gens pour des idiots. Il comprend que le gouvernement est là pour se caler sur le marché, sur l'économie, et non l'inverse, il dit les choses comme elles sont: j'aime mieux.

Et la vérité en effet, c'est qu'à part baisser les impôts sur les profits des entreprises, surveiller les dépenses, colmater les brêches fiscales, et parer au plus urgent pour les familles démunies, il n'y a pas grand-chose que le gouvernement d'un pays comme le Canada puisse faire contre une crise économique. Faut serrer les fesses, et laisser le monde pédaler sans mettre des bâtons dans les roues à ceux qui peuvent pousser plus fort que les autres: tout le monde bénéficiera de leur effort en bout de ligne.

Croire le contraire, c'est préparer le terrain pour une floppée de décrets et de comités à la noix qui couteront un bras au contribuables et ne feront qu'empirer une situation vis à vis de laquelle il sont bien entendu impuissants, voire nuisibles: ou avez vous vu qu'un bureaucrate produisait quelque-chose, à part du papier pour câler ses fesses, et des réglements absurdes pour faire suer le monde qui est capable de bosser?

Par exemple les Ontariens commencent à réaliser que McGuinty avec ses plans grandioses ne va nulle part: à peine 5% des travailleurs concernés par le programme de 'retraining' en ont profité; et c'est normal: c'est pas en affublant un ouvrier de GM d'un tutu rose qu'on en fera une ballerine. Le gouvernement ontarien aurait mieux fait de baisser les impôts, point, au lieu de jeter de l'argent par la fenêtre vers des initiatives innefficaces, là encore les Conservateurs avaient raison.

Règle générale, les gouvernements ne comprennent rien ni aux affaires, ni à l'investissement, ni à l'économie, mettez-vous donc ça dans la tête. Seulement, il y'a les politiciens qui le savent, et ceux qui ne le savent pas, comme Stéphane Dion. Et les problèmes viennent toujours des gens qui ignorent qu'ils ne savent pas.

Les Libéraux cèdent à la panique, or ce n'est pas le temps de céder a la panique, et d'arriver avec toutes sortes de taxes, de nouveaux impôts, et de gadgets réglementaires mort-nés qui vont faire fuir les investissements et saborder la création de nouveaux emplois.

Finalement, en ces temps incertains, on a plus le luxe de s'offrir un gouvernement minoritaire, qui n'osera pas prendre le taureau par les cornes, et sera enclin à engager toutes sortes de dépenses pré-electorales déguisées qui torpilleront les finance publiques, ni de retourner en élections dans six mois. Ça nous prend de la stabilité et du focus. Ça nous prend un gouvernement majoritaire.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com