Vos réactions
au bout de 24 heures...
Si je ne m'abuse, vous avez également écrit un commentaire similaire lors d'une précédente chronique portant sur la campagne électorale fédérale.
Loin de moi l'idée d'expliciter ici votre pensée à votre place, mais je perçois malgré tout derrière ces mots une certaine lassitude devant ce que j'appellerais un manque de rigueur de la profession journalistique.
En effet, Harper n'a jamais été embêté par les journalistes, même s'il a contourné sa propre loi sur des élections à date fixe. Alors on peut difficilement comprendre pourquoi M. Charest aurait plus de justifications à trouver pour aller en élection, lui qui est minoritaire également, mais qui contrairement à Harper n'a pas à respecter une loi pour des élections à date fixe.
M. Charest, assurémment, ne devrait avoir aucun prix à payer pour déclencher une élection même sans motif autre que sa popularité dans les sondages. Sinon il y aurait vraiment un problème d'équité de traitement inacceptable.
La complaisance journalistique envers des politiciens comme Harper est très troublante, et cela fait un bon bout de temps que ça dure. D'autant plus que M. Harper prend fréquemment des décisions autocratiques et assez peu respectueuses de nos moeurs démocratiques. Or les journalistes ne talonnent pas et ne questionnent pas suffisamment ces agissements. Ils les rapportent le temps d'un bulletin de nouvelles, et on ne se souvient pas d'une seule conférence de pressse où Harper a eu des questions embêtantes à répondre, et cela malgré la quantité impressionnante de controverses qui l'entourent depuis le début de la campagne.
Je n'ose pas imaginer l'ampleur des barrages de questions qu'auraient eu à affronter Bernard Landry, Gilles Duceppe, André Boisclair ou Pauline Marois si de telles polémiques auvaient lieu pendant des campagnes électorales auxquelles ils auraient participé! Je n'ose pas imaginer en quel nombre de pièces détachées ces politiciens se seraient retrouvés si n'importe lequel d'entre eux avait plagié un discours! Mais sur Harper, rien ne colle, disent nos bons journalistes... Rien ne colle ??? Elle est bien bonne celle-là ! Si rien ne colle sur Harper, c'est parce qu'aucun journaliste ne le talonne. Il y a une espèce d'admiration béate des journalistes face à Harper. Ils se contentent de qualifier d'habileté politique ce qu'ils s'acharneraient à questionner et à analyser sous un angle critique et agressif chez un autre. Je l'ai constaté de façon frappante après le débat en français de cette semaine. Les journalistes et analystes louangeaient Harper pour son calme olympien qu'ils assimilaient à une excellente performance! C'est seulement le lendemain du débat, lorsque l'opinion publique a clairement manifesté sa déception face au comportement digne d'une potiche qu'à eu le chef conservateur, que les journalistes ont commencé subitement à calmer leurs ardeurs de groupies, et à changer du tout au tout la teneur de leurs analyses.
À moins qu'ils aient carrément peur de ce genre de politiciens ? On sait que Harper ne s'est pas gêné depuis deux ans pour boycotter les journalistes trop critiques.
La tactique aurait-elle fonctionné?
Si c'est le cas, cette habileté de Harper devrait pouvoir être utilisée par n'importe quel autre chef de parti. Or, je ne suis pas du tout convaincu que Stéphane Dion ou Jack Layton pourraient facilement utiliser les mêmes tactiques sans être littéralement crucifiés sur la place publique. Manifestement il y a quelque chose qui va très mal au pays des médias. Serais-ce tout simplement que le conservatisme à une cote de popularité plus élevée chez les journalistes que chez la population en général ?
Si c'est le cas, les jours du journalisme sont définitivement comptés.
