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Le Nord appartient aux Cris, aux Inuits et aux Naskapis

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Yv Bonnier Viger (yv@sympatico.ca)
Envoyé Le lundi 29 septembre 2008 06:00



Si les propos de Jean Charest que l'on rapporte ici sont bien les siens, nous avons un sérieux problème. En effet, il aurait dit «Ce «territoire deux fois grand comme la France», «c'est chez nous, c'est au Québec. Non seulement c'est chez nous, mais c'est en nous», a-t-il insisté, comme pour bien montrer qu'il sollicitait un mythe fondateur national. Le Québec s'est beaucoup construit dans sa relation avec le Nord, a-t-il souligné: la ruée vers l'or en Abitibi, l'ingénierie québécoise, la Baie James. «C'est à nous, c'est notre avenir», a-t-il ajouté, après avoir fait une pause théâtrale pour contempler l'immense carte derrière lui.»

Le problème est que ce vaste, riche et beau territoire est habité depuis plusieurs millénaires par les Cris, les Naskapis et les Inuits. C'est leur territoire. Pressés par l'invasion blanche dans les années 70, ils ont acceptés de partager ce territoire. Les textes légaux diront qu'ils y ont renoncé. Comment peut-on honnêtement croire qu'un peuple puisse renoncer à son territoire ! Dans les conditions des années '70, les Cris, Naskapis et Inuits n'avaient pas le choix de signer l'Entente de la Baie James et du Nord du Québec. Toute cette paperasse n'enlève rien au fait que ces peuples avec des cultures, des langues et des visions du monde différentes occupaient et occupent toujours le territoire et s'y développent. Si le Nord est à nous, ce nous est d'abord Cri, Naskapis et Inuit.
Il faut plutôt envisager le développement du Nord comme une alliance entre les peuples qui habitent le Québec. Il nous faut repenser la culture, l'économie et le politique et leur développement non seulement en termes francophone ou anglophone mais aussi en termes autochtones.

Concrètement, si j'étais à la place du Premier Ministre, je me garderais de trop grandes déclarations avant que de m'asseoir avec les dirigeants des Premières Nations et des Inuits pour convenir d'une nouvelle gouvernance qui reconnaisse d'abord l'autodétermination des peuples (autochtones mais aussi québécois) et la nécessaire alliance entre eux sur le territoire du Québec.

Yv Bonnier Viger
yv@sympatico.ca

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