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Le Québec à Ottawa après le 14 octobre.
Tout le monde convient de l' « insignifiance » de la campagne électorale. Mis à part Alain Dubuc qui s'évertue à y trouver de l'intérêt, le débat est privé de centre et d'élévation. On en fait une lecture au premier degré qui témoigne de l'inconscience à l'endroit des enjeux de l'arrière-plan. Ce sont pourtant ces enjeux qui commandent les ficelles et qui se manifestent à travers nombre de thèmes et d'obsessions récurrents.
La question nationale ne peut évidemment disparaître. Aurions-nous cessé d'exister ou serions-nous en train de devenir autre chose sans qu'il se trouve un seul penseur pour le percevoir et nous en avertir? C'est peut-être la vraie conclusion du Rapport Bouchard-Taylor, ce second Rapport Durham. Nous y apparaissons comme un peuple chassé par l'interculturalisme dont la prétendue richesse nous relègue dans la préhistoire.
Nos « artistes » se préoccupent au premier chef de mendier des subventions fédérales. L'art lui-même nous a désertés dans une sorte de sociologie de la collaboration. N'y-a-il pas un abîme entre le grand art et le divertissement subventionné? Surtout quand il exclut toute conscience et toute dignité politiques.
Le principal vecteur de la question nationale passe par l'interrogation sur la pertinence du Bloc québécois. Les « fédéralistes » feindront de le tenir pour inutile, coûteux. Un peu comme le renard de la fable, ils tournent autour de l'arbre où le corbeau tient le fromage dans son bec. Laissez tomber le fromage, c'est-à-dire le Bloc. La suite se devine. Elle a déjà été jouée nombre de fois. Quand le Québec détenait à Ottawa une majorité de députés pancanadiens, les Trudeau, les Chrétien n'ont servi qu'à imposer au Québec la loi du Canada anglais. Pourquoi en serait-il autrement » après les élections d'octobre 2008?
Hubert Larocque, Gatineau.
