Vos réactions
Je pense à Yvette et j'en ai l'oeil qui s'humecte !
«La campagne électorale canadienne suscite trop d'indifférence pour que l'on ne soit pas alerté de la situation.»
On dirait qu'elle débarque de la planète Mars et qu'elle lance son cliché, sans s'apercevoir que celui-ci, même s'il a toujours été assez vrai dans les campagnes électorales passées, ne correspond nullement à la réalité de cette campagne-ci.
Mme Bombardier parle d'un «tel affaissement de la pensée politique».
Avec le courage de Don Quichotte qui se battait éperdument contre les moulins à vent, elle prend sa plume la trempe dans sa grande sagesse et tente de corriger la situation que cette population vile et servile fait prévaloir. On ne peut que la remercier !
S'en suit une démonstration qui tirerait des larmes aux plus insensibles. Même moi, j'ai eu l'oeil humecté et la gorge serrée quand j'ai lu: «Qui peut supporter le regard méprisant ...? Qui est assez fort pour passer outre les critiques vitrioleuses des uns, les dénonciations démagogiques des autres, lorsque ça n'est pas les trahisons de leurs pairs?»
Mme Bombardier nous démontre, en quelque sorte, sa «loyauté partisane», même si, bien sûr, elle a «des aspects détestables», mais qui sont «essentielles à la vie militante.»
Elle poursuit en nous faisant verser une autre larme et complètement humecter notre mouchoir: Livrer sa vie aux potineurs, vivre dans un aquarium, 7 jours sur 7 à la corvée, vivre avec peu de respect et pratiquement sans reconnaissance !
Des propos qui nous atteignent directement la fibre sensible et qui vont droit au coeur !
Mais la campagne dans tout ça?
Vous savez, celle qui ne suscite qu'indifférence?
Heureusement, des noms de personnages actuels ont été cités et ces personnes ont même été qualifiées.
Mais quand Denise dit: «les meilleurs d'entre nous, les altruistes, les porteurs d'espoir, ne sont même plus tentés par la politique à cause du dénigrement dont elle est l'objet», j'ai eu la nette impression qu'elle parlait d'elle !
«Il faut se faire violence pour s'intéresser à cette campagne électorale»
À lire ce texte, on comprend cette phrase. On constate aussi que Mme Bombardier ne s'est pas fait suffisamment violence pour nous parler vraiment de la campagne actuelle. Elle se cantonne dans son passé, la bonne et belle époque, s'il en est une, et entonne son refrain "du meilleur avant".
Bien oui, c'était meilleur avant, les gens étaient polis, bien élevés, bien habillés, et nos politiciens étaient plus allumés avaient plus d'idées et de colonne vertébrale.
Bien oui, c'était meilleur avant ! Mais, on s'en fout. Que voulez-vous (comme dirait un de ces bons du passé), "que voulez-vous, nous vivons le présent, pas le passé. Et nous sommes pris avec nos problèmes du présent.
Nous avons subi 30 mois (est-ce seulement 30 mois? Ça m'a paru une éternité et j'ai l'impression que notre société a reculée d'une décennie!), 30 mois de gouvernement réactionnaire, réformiste, militaire et sanctifié par God lui-même. Quiconque a subi ce gouvernement ne peut rester indifférent et je crois que cette campagne, contrairement à ce que dit de façon clichée Mme Bombardier, ne laisse pas grand monde indifférent.
Je ne me souviens pas d'une campagne où l'on a parlé d'échange de vote, de tous contre X, et de lutte aussi intense entre une vision de droite et une vision plus à gauche. D'ailleurs, ici, avant, droite et gauche, on savait que ça existait, mais sans trop savoir ce que chaque direction représentait vraiment. Aujourd'hui, après 30 mois d'enseignement intense de la part d'un professeur en droite extraordinaire, j'ai nommé Stephen Harper, les gens sont devenus plus sensibilisés et mieux renseignés sur les dangers de se rendre vers l'extrémité d'une de ces directions.
C'est la campagne électorale fédérale où il y a le moins d'indifférence. Les gens de droite s'agenouillent devant cet être pur et dur (Stephen, bien entendu) qui mettra le bien en place et la prière au service de l'Économie, et les gens ayant des valeurs plus nuancées, plus humaines, comme celle de la liberté, de l'équité et de la paix, craignent, avec raison, cette dérive militaire et religieuse.
Mme Bombardier aurait pu se faire violence avec plus de brutalité et aurait pu nous renseigner sur sa vision sociale. Craint-elle un Harper tout-puissant?
Ou, craint-elle ces fous de la gaugauche?
Pour qui donc va-t-elle voter? Pour ce divin gouvernement Harper, le seul qui peut, avec acharnement, envers et contre tous, nous ramener dans ce délicieux passé où l'eau bénite n'était pas ridiculisée et les gens étaient polis et bien mis ?
Ah ! Ce merveilleux passé, cette époque où la femme savait prendre sa place et où les hommes étaient des vrais zommes. Ah! Ça nous rend nostalgiques tous ces bons souvenirs! Je pense à Yvette et j'en ai l'oeil qui s'humecte !
Serge Charbonneau
Québec
