Remake in USA

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Martin Bilodeau
Édition du vendredi 26 septembre 2008

Mots clés : Remake, Cinéma, États-Unis (pays)

Et si les cinémas du monde entier étaient le laboratoire des Américains? C'est en tout cas l'impression qui se dégage aux annonces par dizaines de l'acquisition de droits de remake de films étrangers par les grandes maisons de production américaines.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais on a pu remarquer, au cours des deux dernières années, un accroissement du nombre de remakes produits aux États-Unis, où le processus est passé dans les moeurs. Cette semaine, Hammer Film Production, une maison spécialisée dans les films de série B, annonçait qu'elle a confié à Matt Reeves (Cloverfield, un pastiche du cinéma d'horreur asiatique) la réalisation de Let the Right One In, un bijou d'intelligence et de finesse du Suédois Tomas Alfredson qui raconte l'amitié inattendue entre un enfant timide et solitaire et une jeune vampire venue s'établir dans son HLM.

Le film a été maintes fois récompensé cet été, notamment au festival Fantasia, où le jury longs métrages, auquel je participais, lui a décerné trois prix. Il doit sortir le 24 octobre prochain sur un ou deux écrans à New York, sous la bannière d'un petit distributeur (Magnet) qui ne le fera guère rayonner au-delà de Manhattan. Ce qui arrange bien Overture Films, qui va distribuer le remake en 2010 à un public qui, à très forte majorité, ignorera l'existence du modèle.

Le problème est là, et nous vivons avec les conséquences parce que ce qui n'est pas distribué aux États-Unis l'est rarement chez nous: les Américains sont maintenus dans l'ignorance du monde extérieur à ses frontières. Le public ne saurait, croient les gens de l'industrie du cinéma (à tort, à mon avis) supporter les sous-titres ou, pire, un accent étranger, même anglo-saxon. Le même phénomène sévit du côté de la télévision. The Office et Life on Mars, des productions britanniques, ont été refaites chez nos voisins du sud, reformatées, américanisées. Au bout de la chaîne de production, leur potentiel de rayonnement est 10 fois plus important que celui des séries originales, les Américains contrôlant également l'autre chaîne, celle de la distribution. Par cet effet boomerang, tout ce qui émerge dans le monde et possède un potentiel commercial aux yeux des Américains, est acheté par eux et restitué sous une forme qu'on doit qualifier de définitive. Car on imaginerait mal les Australiens refaisant Sex and the City à Sydney, avec une distribution locale.

Le problème est là, et nous vivons avec les conséquences parce que ce qui n'est pas distribué aux États-Unis l'est rarement chez nous: les Américains sont maintenus dans l'ignorance du monde extérieur à ses frontières. Le public ne saurait, croient les gens de l'industrie du cinéma (à tort, à mon avis) supporter les sous-titres ou, pire, un accent étranger, même anglo-saxon. Le même phénomène sévit du côté de la télévision. The Office et Life on Mars, des productions britanniques, ont été refaites chez nos voisins du sud, reformatées, américanisées. Au bout de la chaîne de production, leur potentiel de rayonnement est 10 fois plus important que celui des séries originales, les Américains contrôlant également l'autre chaîne, celle de la distribution. Par cet effet boomerang, tout ce qui émerge dans le monde et possède un potentiel commercial aux yeux des Américains, est acheté par eux et restitué sous une forme qu'on doit qualifier de définitive. Car on imaginerait mal les Australiens refaisant Sex and the City à Sydney, avec une distribution locale.

Parallèlement, la sortie de Quarantine, remake du thriller espagnol [REC], est prévue pour le 10 octobre, soit moins d'un an après la sortie du film original. Ce qui confirme une tendance lourde, selon laquelle les producteurs américains s'emparent des droits et mettent en production rapidement, afin de torpiller la carrière internationale des films originaux. Le pire, c'est que ça se fait avec la complicité des auteurs de ce dernier, qui en échange de leur «trouble» reçoivent un gros chèque. Il n'y a pas si longtemps encore, le mot-clé, dans l'expression «film bizness», c'était «film».

***

La maison micro_scope, productrice de C'est pas moi, je le jure, le nouveau film de Philippe Falardeau tiré de deux livres de Bruno Hébert, a produit parallèlement un portrait de la jeune vedette du film, Antoine L'Écuyer, croqué pendant le tournage, à l'été 2007, et diffusé à partir de demain sur les ondes d'Artv. Réalisé par Annie St-Pierre, ce film de 22 minutes s'intitule C'est moi, je le jure. Narré par l'enfant, petit-fils du regretté Guy L'Écuyer, il met en évidence le travail de celui-ci, mais aussi, et c'est à mes yeux très riche, le processus complexe qui préside à la direction d'acteurs lorsqu'un film est centré sur un enfant. À l'écoute de L'Écuyer, un p'tit gars intelligent et très extraverti, on accorde encore plus de mérite à Falardeau, qui l'a dirigé dans la sobriété et la nuance. Le gamin, dans le film, est épatant et ce petit film, à prendre tel un apéro au long métrage, l'est aussi. À voir demain, 15h et 23h30, dimanche, 22h, et jeudi, 15h30 et 23h30.

Avis aux spectateurs qui aiment rencontrer les créateurs: Philippe Falardeau assistera ce soir à la séance de 18h45 de C'est pas moi, je le jure au cinéma Beaubien et répondra aux questions des spectateurs après le film. Il en fera également la présentation, juste avant la séance de 21h.

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Collaborateur du Devoir


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Remakes... - par Simon Latendresse (s.latendresse@hotmail.com)
Le vendredi 26 septembre 2008 07:00

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