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François Caron
Envoyé Le mercredi 24 septembre 2008 11:00



Abstract de mon cru:

Il fut un temps où les artistes fuyaient d'instinct l'État, parce que leur vocation les appelait à une insurrection permanente de la vie intérieure contre l'uniformité technicienne des bureaucrates, des économistes et des politiciens de tout acabit. Ils étaient les dépositaires de la liberté [...] Que sont-ils devenus aujourd'hui? Les représentants les plus serviles de l'État gestionnaire. Oh, j'entends bien qu'ils disent s'opposer au pouvoir. Or, jamais ils n'apparaissent plus soumis à l'État que lorsqu'ils prétendent le combattre. Car leur combat, inspiré par l'avidité, se fait sur une question d'argent et non de liberté. Si la liberté revient si souvent dans leur discours, entre deux paragraphes sur la rentabilité de la culture, c'est tout simplement parce que la liberté, de nos jours, est moins un principe exigeant qu'un slogan payant. Oui, la falsification de la liberté paie. Quand l'artiste devient interchangeable avec l'homme d'affaires et le politicien, il peut avancer sans honte, comme l'ont fait les artistes pétitionnaires dans leur lettre ouverte [...] C'est pourquoi les artistes signataires, en bons techniciens de la culture, se reconnaissent dans le projet d'une «métropole du savoir». [...] Ils ont compris que les «savants» de la «métropole du savoir», auxquels l'État a déjà commencé à transférer l'essentiel de ses pouvoirs politiques, ne les démasqueraient jamais pour ce qu'ils sont: des usurpateurs. [...] Pour Bernanos, liberté et conscience sont inextricables. [...] En ce sens, l'impudeur du discours gestionnaire des artistes, dans leur lettre ouverte, dépassait l'inconscience pour atteindre l'obscénité pure. [...] Les artistes seraient incapables de justifier leur réaction hystérique auprès du plus humble des hommes, Or, le plus remarquable dans la lettre ouverte des artistes, c'est justement cette négation appuyée de la patrie, de l'honnête homme enraciné [...] du souci du prochain, tout cela au nom, semble-t-il, d'un obscur «plan d'action 2007-2017» [...] [L'Homme nu] apprend que les «artistes» se détournent de lui, homme simple et réel, au profit de «l'année du dialogue interculturel proclamée pour 2008 par le Parlement européen». C'est en effet cet argument grotesque de technocrate, pourtant qualifié de convaincant par Nathalie Petrowski (La Presse, 28 août), qui fut évoqué par l'un des artistes pétitionnaires en faveur des subventions. «Les arts, la culture et les échanges, a-t-il dit sans savoir ce qu'il disait vraiment, sont essentiels au maintien de la paix dans le monde.»

Quel gaspillage de papier et d'encre pour un ersatz d'essai aux idées profondément superficielles et courtes qui n'en vaut pas l'honneur d'être publié et médiatisé.

Dans ma grille d'analyse c'est du sous-Matthieu Bock-Côté (déjà que son style ampoulé, pompier, pompeux, présomptueux et prétentieux soit assez pénible à lire) et il coule lamentablement ce Devoir de philo pouir cause d'usurpation d'idées par la méthode copier-coller, de propagande populiste démagogique et d'idéologie d'extrême-droite crypto-fasciste, bien que, des fois...

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