Carl Bergeron appelle un chat, un chat. Son analyse est décapante. Oui, généraliser son approche peut avoir quelques aspects de dérapage: il y a des artistes qui méritent d'être encouragés. Mais on ne doit pas nous servir n'importe quelle cochonnerie sous le prétexte d'art. L'art qui n'élève pas l'âme, au-delà du simple divertissement, n'a pas sa raison d'être; car le microbe de l'abêtissement et de l'avachissement et du sous-humanisme court plus largement que la listériose. Qu'il y ait coupure de subventions pour des productions qui ne servent pas les nobles valeurs de l'existence humaine, j'en suis. Les artistes crieront à la censure. Et pourquoi pas ? N'a-t-on pas censuré (excusez la comparaison, mais elle n'est pas si déplacée qu'il paraît) des tonnes de fromages et privé des commerçants de leur gagne-pain ? Il y a des causes, où il est indispensable de censurer, de couper dans les cellules malades. On criera encore: mais qui? est autorisé à faire cela? Les vrais responsables (légitimement élus) de la santé civile et publique. N'accablons pas Harper! Il a le sens de ses responsabilités; il a le sens d'un investissement bien placé. Soyons plutôt reconnaissants qu'un homme public sache prendre le taureau par les cornes, en courant les risques inhérents à cette action; certains groupes d'artistes ont tenté d'ameuter contre lui tout ce qu'ils trouvent de sympathisants. Je félicite Carl Bergeron d'avoir mis le doigt sur le bobo. Et que notre société enfin, et nos élus, prennent les moyens de ne pas gaspiller pour des navets qui ne méritent que la poubelle. Il y a culture et culture !