J'ai assisté dernièrement à une rencontre d'artistes du Québec et du Canada, dont une conférence sur le Refus global (1948, publié 37 jours après la mort de Bernanos) et l'engagement social des artistes. À la fin de la conférence, après avoir louangé les artistes du Manifeste, quelqu'un a demandé quels étaient les engagements sociaux des artistes d'aujourd'hui, l'assemblée est restée silencieuse. J'ai constaté par la suite que les artistes de cette rencontre étaient unanimes dans leurs revendications d'argent, divisés sur la façon de se répartir la galette, et pratiquement silencieux sur l'engagement social. Je me suis demandé si les subventions n'étaient pas comme une drogue, qui crée des illusions et des dépendances... Illusions qui les empêcheraient de voir le contraste criant entre la célébration du Refus global et leur propre engagement.