Freddie mac et Fannie Mae n'ont pas été nationalisées puisqu'elles étaient déjà dans le giron de l'État américain, en écrivant cela vous [...] discréditez le libéralisme en le réduisant au "laissez-faire" alors que c'est un humanisme qui tient compte de l'individu, l'État lui-même n'est fait que d'individus qui privilégient leurs intérêts et ceux de leur classe, car le soi-disant "intérêt général" n'existe pas, il n'y a que des individus aux intérêts contradictoires et qui doivent apprendre à vivre ensemble, et plus l'État "régule", plus les problèmes s'aggravent car l'État ne se régule jamais lui-même, mais il met les citoyens sous tutelle et les infantilise en leur faisant les fonds de poche pour pouvoir vivre grassement sur leur dos. [...] votre concurrent Le Monde [...] pour une fois a tout compris : "Beaucoup, en Europe, ont applaudi à ce retour en force de l'État, sauveur d'un système financier devenu fou, incapable de s'autoréguler, avec ses banquiers irresponsables, aveugles ou inconscients, en tous les cas avides. La mise sous tutelle de Freddie et Fannie a été perçue comme une sorte de grand soir financier, mettant fin à trois décennies de dérégulation et de libéralisation à tout-va. Cette vision radicale et très rassurante n'a qu'un défaut, mais il est de taille. Elle oublie que l'orbite dans laquelle gravitaient Fannie Mae et Freddie Mac était précisément celle de l'État et que les deux établissements étaient plus régis par des intérêts politiciens que par la loi du profit. (...) Personne, à Washington, n'avait intérêt à remettre en cause cet assemblage de bric politique et de broc financier, qui faisait le bonheur de tous. Jusqu'à ce que la bulle de l'immobilier finisse par éclater. Jusqu'à ce que le marché finisse par prendre sa revanche sur l'État, obligé de payer au prix fort (peut-être plusieurs centaines de milliards de dollars) son incompétence."