Petit dénominateur
Mots clés : Palin, Obama, Présidentielle, Élection, États-Unis (pays)
Vent de panique dans le camp Obama devant l'effet Sarah Palin. Joseph Biden, candidat démocrate à la vice-présidence, a poussé le désarroi jusqu'à laisser publiquement échapper, jeudi dernier, qu'il aurait peut-être mieux valu que Barack Obama choisisse Hillary Clinton comme colistière. Belle bourde et bel aveu. L'art consommé de la guerre électorale dont a usé l'équipe McCain pour faire scintiller l'imaginaire politique américain autour du «pitbull» Sarah a complètement pris de court les démocrates et volé à M. Obama la promesse de changement qui lui a donné ses ailes.
Procédé retors, mais ô combien éprouvé. Avec le résultat que les sondages, ce qui ne manque pas d'affliger, ont donné de l'allant au ticket McCain-Palin, y compris parmi les électrices. Qu'importe si le nouveau programme républicain est encore plus conservateur qu'il ne l'était il y a quatre ans en matières sociales et morales et que la colistière Sarah Palin estime que la déviance homosexuelle peut se corriger par la prière.
Les cinquante et quelques jours de campagne qu'il reste à écouler d'ici à la présidentielle du 4 novembre diront si l'effet Palin tiendra ou non. Pourvu que son ultraconservatisme l'autodétruise. Reste que, fût-elle éphémère, sa popularité invite à tirer des conclusions plutôt déprimantes sur l'état de santé d'une bonne partie de l'électorat américain. Rick Davis, l'un des principaux conseillers de McCain, a tout résumé en déclarant il y a quelques semaines, sans se rendre compte de l'énormité, que «cette élection n'est pas une affaire d'enjeux, mais de personnalité».
De sorte que l'expression «bête politique» n'a jamais été aussi juste: l'instinct est valorisé par opposition à la réflexion, et le simplisme du discours est preuve de proximité populaire. Après tout, son inexpérience crasse en politique étrangère n'a pas empêché George W. Bush d'être élu deux fois, ni de déclencher une guerre absurde. De sorte, ensuite, que le féminisme est un combat qui ne se réduit plus qu'à la quête du pouvoir. De sorte enfin que les politiciens peuvent à l'infini promettre le changement, mais sans jamais avoir à le définir.
On attend maintenant de M. Obama, qui n'est évidemment pas une panacée, qu'il fasse comme ses rivaux et qu'il passe à l'attaque. Il lui faut le faire sans saboter l'attrait que soulève sa candidature auprès d'une jeunesse désabusée politiquement. La démocratie américaine n'a pas tant besoin de prières que d'ouverture et d'inclusion.
gtaillefer@ledevoir.com
Vos réactions
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Le lundi 15 septembre 2008 11:00
la candidate idéale - par Normand Chaput
Le lundi 15 septembre 2008 10:00
médias+marketing=vide - par martin dubois
Le lundi 15 septembre 2008 09:00
Palinodie - par Gabriel RACLE
Le lundi 15 septembre 2008 09:00
Sans malice - par Georges Allaire
Le lundi 15 septembre 2008 02:00

