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Palin : un plus pour Femme et monde

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Denis Beaulé
Envoyé Le mercredi 10 septembre 2008 17:00



Indépendamment de ses valeurs ou en raison même de certaines valeurs qu'elle promeut, Sarah Heath Palin pourrait représenter plus de «positif» que de «négatif» à la vice-présidence des États-Unis. D'abord, justement du fait qu'elle ne serait «que» vice-présidente, non présidente (un décès imminent de McCain s'avère éminemment plus improbable que probable). Ainsi, «la femme» garderait «sa place»... La plus universellement occupée au cours des derniers millénaires : seconde de deux... Si elle est si «dangereuse» ou si «folle» à lier que d'aucuns le prétendent, cette position lui siérait certes mieux que la première.

Deuxièmement, l'inédite personnalité de cette femme ultra-dynamique en fait quelqu'une ou «quelque chose» d'avantageux au sein même du féminisme. Féminisme? Oui. En effet, de même que le féminisme (de la génération passée) aura contribué à affranchir du joug de maints indus ou incongrus asservissements ; de même aujourd'hui doit-on pouvoir s'affranchir, le cas échéant, de retombées ou modalités d'expression - pouvant s'avérer outrancières - du féminisme dominant. Et c'est d'ailleurs être encore féministe, autrement, que d'oser affirmer son être femme personnel. Même si, voire a fortiori lorsque cela va à l'encontre du ou de courants dominants du féminisme (les plus) en vogue, les plus largement ou les plus véhémentement accrédités ou pratiqués. Car si l'on s'est affranchie(s) d'une pensée mâle ou masculine collective qui vous faisait mal, ce n'est certes pas pour se cantonner ensuite, personnellement ou collectivement, indéfiniment et totalement, en quelque autre état en lequel on serait ou se sentirait mise à mal. Dût celui-ci vous être «suggéré» par (de) vos soeurs, d'autres femmes. Il est impossible que le féminisme soit contre la conscience personnelle et l'autonomie d'action et de pensée individuelle (au féminin). Impossible, donc, de reprocher à une femme donnée d'être, elle, personnellement, «pour la famille» ou «contre l'empêchement de la famille» ; d'être contre plutôt que pour l'avortement - pour telle ou telle raison(s) ; d'être pour ou contre la peine de mort, etc. Attendu, entre autres, qu'on ne sait pas davantage ce qu'il y a avant la naissance qu'après la mort.

Et, enfin, qui pourrait nier que le personnage Palin apporte (au moins) autant (sinon plus) qu'il n'«enlève» - s'il enlève - au féminin ou à sa positive évolution, en termes de modèle incarné et affiché? Est-ce une «femme soumise» cette Sarah? Que non! Est-ce une «domestique», i.e. cantonnée à la maison, au service exclusif à domicile de sa seule famille ou du seul époux? Non plus. En fait, il semblerait y avoir plus encore de dépassement que d'enlisement, en quelque stéréotypie sexuelle que ce soit, à la faveur d'un éventuel avènement de Palin à la vice-présidence des USA. Puisque la plupart des «hauts faits» ou des «grands traits» qu'on confère à une masculinité typique, elle les a ou les accomplit :
- (com)battante
- chasseuse
- fonceuse
- guerrière
- sportive
- etc.

Qui plus est, cela en en arborant pas moins une incontestable féminité. Si bien qu'on ne saurait non plus dire qu'elle ne serait pas une vraie femme, mais plutôt une sorte de «gars manqué». Car il y a en elle synthèse, condensation. Alliage riche et intéressant de masculinité et de féminité. Androgynie. De telle sorte qu'elle témoignerait en sa personne même de parité sexuelle... Parce qu'actualisant, à égalité ou presque, des caractéristiques ('typiques') des deux sexes. Ne serait-ce donc pas là un «avancement», socialement ou civilisationnellement parlant, eu égard à un nouveau modèle qu'on pourrait vouloir proposer relativement à une possibilité (un art, un mode) d'être ou de faire, indépendamment qu'on soit homme ou femme ? Et ce genre de modèle ne serait-il pas de nature à réduire davantage encore la polarisation ayant été longuement promue ou maintenue à l'égard des rôles sexuels ? Et est-ce qu'un tel spécimen n'irait pas jusqu'à questionner l'interprétation même de données scientifiques censément bien établies concernant la différence/différenciation sexuelle aux plans biologique et physiologique (e.g. hormones), censés eux-mêmes conditionner ou favoriser en partie des comportements sociaux privilégiés (dits) sexués ?

Bref, ne voit-on pas qu'on semble avoir là quelqu'une d'aussi typée qu'atypique? Au sens où, par exemple, elle serait aussi bonne mauvaise mère (absente) qu'on puisse être un bon mauvais père absent ou manquant... Qu'elle peut être aussi bonne «politicienne» (e.g. en intrigues, louvoiements et autres entourloupettes ou tours de passe-passe) qu'un homme... Etc.

Pour le reste, si elle n'a pas le cerveau d'un Kennedy, certes, qui sait si elle ne pourrait instiller autre chose d'«utile» en ce monde qui est nôtre. De la beauté, par exemple. Qui sait. Ce qui ne serait pas rien. La beauté pouvant sauver le monde. Aussi sûrement que le nez de Cléopâtre pouvait le changer. Et une femme qui est belle ayant de l'esprit : «l'esprit d'être belle»... Type de savoir être qui serait aussi un labeur, un travail, puisqu'il «faut souffrir pour»...

En somme, il n'est pas qu'une façon d'être féministe - de gauche, libéral(e), démocrate ou progressiste. On peut l'être aussi en se distançant opportunément d'une mode de l'ère ou de la mode de l'heure.

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