Vos réactions

Choisir entre deux directions et deux façons de faire

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Jean-Pierre Aubry
Envoyé Le samedi 06 septembre 2008 11:00



Il est possible que la direction de la politique d'un pays change substantiellement à moyen terme et à long terme sans que qu'un tel changement ne soit décidé globalement par la très grande majorité de sa population. D'élection en élection, de décision en décision et d'un secteur d'activités gouvernementales à un autre, le changement s'accentue et, plusieurs années plus tard, les analystes tentent d'expliquer pourquoi et comment la politique d'un pays à tellement changer.

La politique canadienne est en train de changer substantiellement. En seulement trois ans et avec un gouvernement minoritaire, Stephen Harper a amorcé un changement très profond de la politique canadienne et de la façon de la gérer. Je suis totalement d'accord avec Chantal Hébert quand elle dit que Stephen Harper veut « remodeler le modèle canadien à l'image d'un credo nettement moins activiste sur le plan économique et social, mais nettement plus militant dans des créneaux comme la défense, la loi et l'ordre, l'immigration. » De plus, Il s'éloigne du respect des grands accords internationaux sur la protection de l'environnement et il synchronise de façon plus importante la politique extérieure du Canada sur celle du gouvernement américain. Finalement, il veut que le gouvernement canadien soit plus interventionniste dans le domaine de la protection de certaines valeurs morales chrétiennes.

Sa façon de faire est également différente. Il veut une gestion et des communications plus centralisées. Il est prêt à réduire la séparation entre le politique et le judiciaire ainsi qu'entre le politique et la gestion des institutions et des programmes gouvernementaux. Au nom de l'efficacité ou au nom de la raison d'État, il se permet de contourner la loi (exemple la loi électorale), la réglementation et l'obligation d'être transparent (exemple : changements des pratiques en matière d'inspection des aliments). Par contre, il ne diffère pas de ses prédécesseurs qu'à la l'utilisation de la machine gouvernementale et du pseudo-pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral pour des fin électoralistes. En fait, le prédicateur d'hier ne fait pas mieux que les pécheurs qu'il dénonçait, il faitpeut-être même pire.

Voici deux questions qu'il faut débattre dans la présente campagne électorale : Jusqu'où veut-il aller en termes de la direction de la politique canadienne et de la façon de la mettre en application ? Voulons-nous aller dans cette direction ? Je n'ai jamais blâmé les Américains d'avoir élu George. W. Bush pour un premier mandat de président des États-Unis. Ils le connaissaient si peu. Par contre, les Américains le connaissaient bien lorsqu'il s'est présenté pour se faire élire à un second mandat et ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes pour lui avoir donné un second mandat.

Jean-Pierre Aubry


Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com