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L'équilibre

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Steve Dubois (sdubois76@gmail.com)
Envoyé Le samedi 06 septembre 2008 09:00



L'analyse de Madame Bombardier est d'une superficialité déconcertante, voire choquante. Il faut être myope pour ne pas le voir: nous vivons dans un monde d'hommes. Qui sont les chefs d'États et les PDG d'entreprises? Des hommes, en très forte majorité (de l'ordre d'environ 95%). En conséquence, nous vivons dans un monde fondé sur la compétition et l'agressivité, des valeurs typiquement masculines. Pas surprenant que les femmes qui atteignent le pouvoir, dans un tel contexte, soit plus agressives et compétitives que la moyenne.

Par ailleurs, quand on dit que l'agressivité et la compétitivité sont plus typiquement des valeurs masculines, on ne dit pas que tous les hommes sont compétitifs et agressifs. Seulement, ces caractères se trouvent plus souvent chez les hommes que chez les femmes, et ce dès leur très jeune âge - ce qui tend à exclure le rôle de l'éducation stéréotypée.
Enfin, le monde serait sans doute meilleur si on arrivait à un équilibre entre les valeurs typiquement masculines et féminines, soit un équilibre entre la compétivité et l'agressivité, d'une part, et la compassion et l'amabilité, d'autre part. À ce sujet, je vous proposerais, Madame Bombardier, de lire Riane Eisler: Le calice et l'épée (Robert Laffont, 1989). Elle propose de considérer deux modèles de société, soit la domination ou l'association. Nous vivons dans une société fondée sur la domination (de l'homme sur l'homme et de l'homme sur la nature), tandis qu'un monde plus équilibré tendrait vers un modèle associatif, dont la structure sociale serait plus communautaire que centralisée et hiérarchisée.

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