Vos réactions

Aïda et les sirènes

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Gabriel RACLE
Envoyé Le samedi 06 septembre 2008 07:00



Eh oui! Peut-on rêver plus belle ouverture pour une campagne électorale que d'emboucher la trompette. Se prenant sans doute pour Verdi, c'est ce que Stephen Harper et son représentant Cannon entendaient faire en faisant résonner un air aussi célèbre que les trompettes d'Aïda, mais pour nous jouer, à la façon de Strauss, une valse des milliards, pas moins de 4. Voilà qui fait du bruit et devrait réveiller les électeurs, comme la célèbre marche, d'autant qu'il s'agit d'infrastructures sur lesquelles on ne peut que valser d'aise.

Mais Stephen Harper ou L. Cannon, n'ont sans doute pas lu jusqu'à la fin le livret d'Antonio Ghislanzoni mis en musique par Giuseppe Verdi. Il est vrai qu'il compte quatre actes et que Harper et ses collègues se voient sans doute déjà sur la route de la gloire, en la pavant à coup de milliards. Que faire alors de quatre actes, si l'on peut terminer le spectacle en un seul?
Dommage, car la au bout de sa voie triomphale, Aïda meurt, sombre présage. La valse des milliards pourraient bien ressembler à la Valse triste de Jean Sibelius, puisque la ministre des Finances du Québec, madame Monique Jérôme-Forget, a déjà fait trébucher le danseur Cannon en précisant que la valse des milliards ne se jouerait pas demain.
Car il est bon de lire attentivement la partition qui se joue, sans n'en retenir que le titre qui peut induire en erreur celui qui ne lit que celui-ci. Le chant des sirènes électorales retentit, il ne faut surtout pas s'y laisser prendre. Les sirènes avaient la faculté de séduire les hommes par leurs voix mélodieuses et de captiver leur attention pour assouvir leur appétit et les dévorer. Quel beau programme pour une campagne électorale!
Mais l'électeur ne doit pas se laisser séduire par l'air des trompettes électorales et le chant de leurs sirènes Après tout, ce n'est que du vent.


Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com