Vos réactions
Il ne faut pas non plus prendre des vessies pour des lanternes...
Ainsi notre chroniqueur préféré se réjouirait que le gouvernement Harper ait fait reconnaître l'existence de la "nation québécoise" dans un Canada uni. Or ce n'est pas ce que la Chambre des communes a fait en le 27 novembre 2006. Ce jour là, la Chambre des Communes a adopté à une immense majorité (266 contre 16) la motion suivante: Que cette Chambre reconnaisse que les Québécois forment une nation au sein d'un Canada uni. Et sa traduction anglaise: That this House recognize that the Québécois form a nation within a united Canada.
Depuis ce temps, plusieurs observateurs se sont empressés d'oublier que les principaux porte-parole des conservateurs et des libéraux ont affirmé formellement lors de ce vote que l'expression - les Québécois - utilisée en anglais comme en français, englobait tous les canadiens, où qu'ils habitent, qui s'appelaient autrefois les "canadiens" par opposition aux "anglais" ,plus tard "les canadiens-français", et maintenant les "québécois".
Pour mémoire on peut relire les propos suivants, prononcés en pleine Chambre des communes à cette occasion:Voici ce que le Premier ministre du Canada a déclaré en déposant sa motion, le 22 novembre 2006: "Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, à son développement et à sa grandeur. Ils savent qu'ils ont préservé leur langue et leur culture unique, et qu'ils ont fait progresser leurs valeurs et leurs intérêts au sein du Canada. La vraie question est simple: les Québécoises et les Québécois forment-ils une nation au sein d'un Canada uni? La réponse est oui. Les Québécois et les Québécoises forment-ils une nation indépendante du Canada? La réponse est non, et elle sera toujours non."
Voici ce que le Chef de l'Opposition, Stéphane Dion, a déclaré le 27 novembre:" Au sens ethnique, le Québec et le Canada ne sont pas des nations, mais les Canadiens français le sont, laquelle nation est principalement concentrée au Québec, mais présente patout au Canada."
Et il a ajouté: Au deuxième sens du mot "nation", le sens étatique, le seul qui confère une existence juridique en droit international, c'est le Canada, et lui seul, qui est une nation.
Au troisième sens du mot "nation", le sens sociologique, nous, les Québécois, sommes une nation, puisque nous formons, au sein du Canada un groupe assez vaste - près du quart de la population -, que nous avons la conscience de notre unité et la volonté de vivre en commun. En ce sens, c'est exact de dire que les Québécois et Québécoises forment une une nation au sein d'un Canada uni. Je voterai donc pour la motion qui nous est soumise."
Les principaux lieutenants québécois du Parti au pouvoir, les ministres Lawrence Cannon et Maxime Bernier ont abondé dans le même sens.
M. Cannon a dit en Chambre, le 23 novembre 2006: "Depuis 1792, quand le premier Parlement du Canada s'est réuni à Québec, jusqu'à nos jours, nous nous sommes appelés Canadiens puis Canadiens français et maintenant Québécois. Mais ce ne sont pas les autres qui nous ont nommés. Nous n'avons jamais demandé à nos partenaires des autres provinces qui nous étions."
Et Maxime Bernier a déclaré le 27 novembre " Les Québécois savent qui ils sont. Ils savent qu'ils ont participé à la fondation du Canada, qu'ils ont aisé à façonner le pays dans toute sa grandeur. Notre motion est importante pour l'ensemble des Canadiens parce que c'est un geste de réconciliation. C'est important de reconnaître que les Québécois ont réussi à préserver leur langue et leur culture unique tout en faisant partie de la fédération canadienne." Et un peu plus loin, il ajoute: "Le présent débat porte seulement sur les Québécois en tant que nation, et non sur le Québec en tant que nation. La différence est énorme."
Il me semble que l'on peut déduire de ce qui précède que si, un jour, une Cour devait se prononcer sur la valeur juridique d'une telle motion qu'elle se demanderait immédiatement ce qu'était l'intention des parlementaires en adoptant cette motion.
Donc, si notre chroniqueur préféré allait y soutenir que les parlementaires canadiens ont reconnu "la nation québécoise" comprise dans les limites géographique du Québec, il ne convaincrait personne.
Il a pourtant fallu moins de temps que cela pour que des personnages politiques et des journalistes déforment cette déclaration et soutiennent sur différentes tribunes que ce serait le Québec qui aurait été reconnu comme nation.
