Cinema - La rivalité s'installe entre les festivals de Toronto et de Venise
Mots clés : rivalité, Mostra de Venise, Festival des films de Toronto (TIFF), Festival et fête, Cinéma, Canada (Pays)
Toronto -- La collaboration entre le Festival des films de Toronto (TIFF) et la Mostra de Venise, deux grands rendez-vous du 7e art à l'automne, bat de l'aile sur fond de lutte pour attirer les grandes productions américaines, selon la presse spécialisée.
À sa 65e édition, la Mostra est le doyen des grands festivals de cinéma, faisant figure d'ancêtre face au «jeune» TIFF, qui n'a que 33 ans. À la différence du prestigieux palmarès vénitien, Toronto n'a pas de compétition officielle, ce qui lui donne un air plus décontracté que son homologue italien.
La Mostra s'ouvre à la fin du mois d'août et se termine le premier samedi de septembre, sa fin chevauchant le début du festival de Toronto, qui s'est imposé au grand dam de Montréal comme le plus important festival en Amérique du Nord.
Le calendrier et les différences de ces deux grand-messes du 7e art ont jusqu'à présent favorisé la collaboration entre les deux événements considérés comme «complémentaires» par l'industrie.
«La diplomatie entre les festivals de films dépasse parfois celle des ambassadeurs à l'ONU. Vous verrez rarement le chef d'un festival en critiquer un autre. Mais il est clair que le TIFF commence à se sentir un peu bousculé parce que Venise est plus agressive dans sa quête de stars et de productions d'Hollywood», souligne le quotidien généraliste Toronto Star.
«Vous retrouverez dans la sélection du festival de Toronto 24 films qui sont présentés en première mondiale à Venise», a dit M. Müller cette semaine à l'AFP, défendant ainsi sa programmation, jugée maigre comparativement aux années antérieures.
Toronto avait présenté l'an dernier la première mondiale d'Eastern Promises, de David Cronenberg, mais cette année la liste des premières mondiales semble avantager Venise, qui accueille Burn After Reading, une comédie des frères Coen mettant en vedette Brad Pitt et George Clooney, Rachel Getting Married, de l'Américain Jonathan Demme, et The Wrestler, de Darren Aronofsky.
Cette rivalité a pu être attisée par la grève des scénaristes qui a paralysé l'hiver dernier le secteur audiovisuel américain, ce qui a fait diminuer le nombre d'oeuvres disponibles pour les deux événements.
«Je pense que des grands studios ont décidé de ne pas lancer certains de leurs films dans les festivals au début de l'automne, voire dans quelque festival que ce soit», a récemment déclaré à l'AFP Piers Handling, président du festival de Toronto.
Ces grands studios «ont opté pour une stratégie qui ne passe pas par un lancement dans les festivals, ce que nous comprenons totalement [...]. Tout le monde expérimente, il n'y a pas de façon unique de sortir un film», précisait-il.

