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Émotions et non raison

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Gabriel RACLE
Envoyé Le vendredi 05 septembre 2008 06:00



Bérard Descôteaux l'indique fort bien, en soulignant la pluie de milliards de dollars qui prédécédé chaque élection : « On aimerait penser que les électeurs ne tomberont pas dans le piège, mais il faut croire que certains d'entre eux sont sensibles à ces artifices électoraux puisque d'une élection à l'autre, les partis y recourent avec une désinvolture insolente. »

Comment se fait-il, en effet, que l'expérience n'apprenne rien et que tant les annonces de milliardaire que les promesses électorales aussi longues qu'un jour sans pain accrochent toujours l'attention d'un certain nombre ou d'une certaine catégorie d'électeurs.

Pourquoi ne se posent-ils pas des questions élémentaires comme les suivantes : Pourquoi ces programmes ou ces subventions n'ont-ils pas été présentés plus tôt? Pourquoi la lutte contre la pauvreté n'est-elle pas au premier plan dans ces déversements de dollars? Pourquoi la lutte contre les changements climatiques n'a-t-elle pas fait partie des priorités du gouvernement, à la suite du rapport de Santé Canada intitulé « Santé et changements climatiques - Évaluation des vulnérabilités et des capacités d'adaptation au Canada »? Et ce ne sont que quelques exemples des questions que des électeurs réfléchissant quelque peu devant la pluie de milliards devraient se poser.

Mais, comme on l'a déjà souligné, nombre d'électeurs ne voient que des chiffres, sans se demander ni d'où viennent, ces dollars (de notre poche, en fait), ni s'ils signifient autre chose qu'un véritable chantage électoral. Beaucoup de citoyens ne votent pas selon la raison, mais selon leurs émotions. Et le but de toutes ces annonces pré-électorales et de celles qui vont suivre dans la campagne n'ont d'autre but que de susciter des réactions émotionnelles en faveur du parti qui les fait, en faveur du gouvernement. Les émotions sont plus fortes que la raison, dit-om. Ce n'est que trop vrai et la publicité est passée maître dans l'art de les utiliser pour séduire et nous convaincre d'acheter tel ou tel produit. En période électorale, le gouvernement en fait autant.

Autrement dit, bien des électeurs votent alors avec leurs tripes, non avec leur raison. Et les annonces gouvernementales, bien orchestrées par les médias, s'adressent à ce niveau. C'est une constatation. Ainsi, se trouvent occultés les véritables problèmes, les vraies questions sur les réalisations effectives du gouvernement, les promesses antérieures non tenues, et dans le cas présent, la violation non justifiée de la loi sur les élections à date fixe. Le piège tendu aux électeurs est grossier. Tendu dans un bois, il ne prendrait aucun animal, qui le détecterait à tout coup. Hélas, tendu dans le champ électoral, nombreux sont ceux qui se laisseront prendre dans ses filets... et le regretteront par la suite. Trop tard!

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