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Yvon Montoya
Envoyé Le jeudi 04 septembre 2008 08:00



«Dans l'mois d'Octobre 1935, y'arriva une machine du West, de Denver, sur le chemin pour New York. Dans la machine était Dean Pomeray, un soûlon; Dean Pomeray Jr. son ti fils de 9 ans et Rolfe Glendiver, son step son, 24. C'était un vieille Model T Ford, toutes les trois avaient leux yeux attachez sur le chemin dans la nuit à travers la windshield.» S'il avait fait la même chose avec « On the road », on n'aurait jamais connu Kerouac comme tant de grands écrivains inconnus. Etre inconnu n'empêche pas d'être un grand écrivain. Voyez G Navel, un immense écrivain français, tout comme F. Augerias ou L. Dietrich parmi tant d'autres), on le voit aussi avec les classiques... Dire que c'est écrit en français, c'est exagéré ou alors on ne sait pas de quel français il s'agit. Ce qui est certain, c'est que cela ressemble plus a du créole, du bon vieux créole aux mots venus de France. C'est loin du français tel que nous devrions le lire ou le parler. Cette récupération de Kerouac comme auteur québécois, ce qu'il n'est pas et ne peut l'être, lui enlève la possibilité d'être un écrivain universel d'Amérique du Nord ou de le rester. Ses thématiques sont facilement repérables dans la mythologie américaine, très peu québécoise. Son souci de trouver une place et de lancer ses origines canadienne-françaises, non québécoises puisque ca n'existait pas encore a cette époque comme on l'entend de nos jours, est venu du fait qu'il fallait qu'il trouve une certaine place dans la vie qu'il menait. Il n'est pas non plus certain en lisant le dernier paragraphe cité concernant Montréal que « visiblement », il se sentait bien au Québec : « En mars 1953, Kerouac se rend même à Montréal, où il note dans un de ses cahiers: «Montréal (dans une "taverne"): Montréal est mon paradis. Ils m'ont presque refusé l'entrée. Restaurant de gare de San Francisco combiné avec une taverne de paysans de Mexico + Lowell - O Thank's Lord.» » D'un point de vue herméneutique, Umberto Eco, Blanchot ou P Ricoeur (etc.) pourraient se tirer les cheveux. Le joual est un dialecte a consonance française mais n'est pas du français. Les américains viennent de partout mais restent américains puisque c'est la définition de l'Amérique de mettre tout le monde au même niveau comme John Ford est un cinéaste américain non irlandais ainsi que John Wayne. Ce n'est pas nécessairement l'origine qui compte. C'est ce que nous pourrions dire de Kerouac aussi, qu'il n'y a pas d'identité mais seulement des possibilités d'identité. C'est pour cela que Kerouac est universel. Ne l'enfermez pas dans une identité qui le ferait vite oublier du reste du monde car en joual, il ne vaut rien mais en anglais, c'est un auteur important. Voyez son héritage littéraire.

Montréal aurait été un mélange de ville (San Francisco) et de paysans. Ce qui fait qu'un homme tel que lui ne pouvait qu'être regarde de travers dans Montréal, ville/village, urbain/champs. Dommage que sur son dos, il faille bouleverser cette belle oeuvre universelle que tout le monde se devrait de lire. Auteur français, non ; auteur américain, oui et génial de surcroit. Quand la littérature frise la récupération, cela commence à être sa fin. Voyez dans l'ex-URSS ce qui se passa ou d'autres pays nationalistes aux yeux bornés (bernés ?) et sans ouvertures. Laissons Kerouac être Kerouac, c'est comme cela que nous l'aimons. Autrement dit, si on vous comprend, Virgile était grec non latin. Demandez-le à Broch ou Kundera.

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