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Les logiciels libres face aux logiciels propriétaires
Si le gouvernement fait l'acquisition, au coût de dizaine de millions de dollars, de systèmes d'exploitation et de logiciels Microsoft, je crois que c'est surtout parce qu'une grande partie des gestionnaires, ceux qui prennent les décisions ou qui approuvent les achats, ne connaissent à peu près rien à l'informatique. Ceux qui préparent les demandes d'acquisition n'ont qu'à inscrire «Seul produit disponible pour nos besoins» ou «Seul fournisseur connu».
Si, devant un tribunal, il fallait en faire la preuve, cela changerait la donne. Si, de plus, les ministres responsables des finances et le Vérificateur général se mettaient de la partie pour voir vraiment ce qu'il en est et pour quantifier les sommes qui pourraient être épargnées en optant pour les logiciels libres, le dossier serait intéressant au plan financier.
Il est facile d'identifier les arguments qui seront utilisés pour justifier le passage des logiciels propriétaires aux logiciels libres. Dans un premier temps, les responsables de l'informatique au sein des ministères et organismes diront que les employés sont habitués de travailler avec tel logiciel ou avec telle suite bureautique et que le changement entraînera une perte de productivité, un besoin de recyclage, la nécessité de prévoir des passerelles.
À celui qui ne connaît pas l'informatique, il sera facile de faire avaler des couleuvres. Ici, il sera intéressant de trouver des firmes ou des organismes, voire des administrations publiques qui ont fait le saut et qui peuvent témoigner de la vraie façon dont s'est fait le passage.
Un autre point à souligner est le fait que le logiciel libre peut être modifié afin, entre autres, de répondre à des besoins précis d'un utilisateur. Alors, si un logiciel libre doit être modifié, même amélioré, pourquoi est-ce que ce travail ne serait pas confié aux étudiants en informatique dans les cégeps et dans les universités? Ils apprendraient pour en rendant service à la collectivité.
Il faut mettre un terme à cette folie de changer régulièrement de systèmes d'exploitation et de logiciels pour de nouvelles versions qui coûtent cher et qui, la plupart du temps, apportent peu d'améliorations par rapport aux versions précédentes.
