Opinion

Pour un nouveau modèle d'école québécoise

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Sébastien Proulx, Député de Trois-Rivières et leader parlementaire de l'opposition officielle et porte-parole en matière d'éducation

Édition du samedi 30 et du dimanche 31 août 2008

Mots clés : École, Éducation, Québec (province)

Les tenants de la pensée unique en éducation ont réagi violemment aux propos tenus, au début de la semaine, par le chef de l'ADQ, Mario Dumont, sur notre vision de l'école au Québec. Ces personnes, réfractaires à tout changement, considèrent que tout va bien en éducation. Elles se contentent du statu quo. C'est leur droit. C'est leur choix. Ce n'est pas notre cas. Avec entre autres un taux de décrochage de près de 28 % dans les écoles publiques et une bureaucratisation à outrance, il y a un débat à faire sur le type d'école que nous souhaitons pour nos enfants et pour assurer le développement de notre société.

À l'ADQ, nous croyons qu'un nouveau modèle d'école est nécessaire: une école plus autonome, directement responsable de la réussite des élèves. Or, pour réussir cette nouvelle école, il faut y réfléchir sérieusement et s'ouvrir sur ce qui se fait de mieux ailleurs. Avec la réforme Marois, qui a évacué le redoublement et l'effort, notamment grâce à la complicité de la ministre Michelle Courchesne, le Québec est bien mal placé pour faire la leçon à qui que ce soit. Il faut s'inspirer des pays scandinaves pour réduire notre bureaucratie scolaire. Il faut aller voir aux États-Unis pour prendre conscience que le sentiment d'appartenance est une des clefs de la motivation des élèves.

La société québécoise doit avoir la maturité d'analyser sereinement les expériences vécues ailleurs pour offrir à la population les meilleurs services publics. Or il existe au Québec un courant radical et idéologique qui crie au loup quand on mentionne le nom des États-Unis. Il est pourtant faux de prétendre que tout ce qui se passe chez nos voisins du Sud est automatiquement mauvais. Il s'agit d'un réflexe de repli sur soi qui m'apparaît dépassé.



Une école autonome

Après la famille, c'est l'école qui est le premier lieu d'intégration et d'implication à la vie en société. Les parents ont la responsabilité première de l'éducation de leurs enfants. En les confiant à l'école, ils attendent le meilleur pour eux. Ils comptent sur une école plus autonome où les enseignants sont respectés et traités en véritables professionnels de l'éducation. Une école où la rigueur, la fierté et la réussite doivent retrouver leur place. Une école bien enracinée dans son milieu et dans laquelle l'implication de la communauté est essentielle.

L'élève doit être la priorité du système scolaire. Il doit se sentir à sa place à l'école. Une école qui représente pour lui un milieu de vie agréable et motivant. Une petite communauté à laquelle il a le sentiment d'appartenir. Malheureusement, l'initiative est souvent freinée par des rigidités administratives et des structures inefficaces.

Pourtant, l'école doit être en mesure d'intervenir rapidement et efficacement auprès de ses élèves, tout particulièrement auprès de ceux qui sont en difficulté, qui éprouvent des problèmes de motivation ou qui n'ont pas l'impression d'être à leur place à l'école. La direction de l'école doit donc avoir accès aux ressources humaines et financières nécessaires et disposer de toute la latitude requise pour intervenir sans avoir à obtenir l'accord d'une quantité de structures administratives rigides. Il faut qu'elle puisse faire preuve de leadership et être responsable devant le comité d'établissement.



Valoriser et appuyer davantage

nos enseignants

Les enseignants ne demandent pas mieux que d'avoir davantage leur mot à dire pour faire de l'école un milieu de vie et d'apprentissages plus stimulant. Il faut accorder plus de ressources là où ça compte: dans nos écoles, auprès de nos enfants. Collectivement, nous devons nous impliquer pour appuyer celles et ceux qui ont la lourde tâche de préparer le Québec de demain. Comme parents, nous devons appuyer l'autorité qu'ils exercent sur nos enfants. Rien n'est plus important pour assurer la pérennité de notre société que l'épanouissement de tous nos enfants.



Un véritable milieu de vie

Pour parvenir à faire de l'école un véritable milieu de vie, il faut offrir à nos enfants l'occasion de se réaliser pleinement dans tous les aspects de leur personnalité. C'est avec des équipes sportives, des troupes de théâtre et des activités parascolaires enrichissantes qu'un véritable sentiment d'appartenance se crée chez les élèves et qu'ils choisissent de poursuivre leurs études malgré les difficultés rencontrées. L'acceptation de ces difficultés, la motivation et le goût de continuer à apprendre sont plus présents lorsqu'on est estimé pour notre apport à la communauté de l'école, et pas seulement pour la qualité de nos résultats scolaires.

L'éducation n'est pas un enjeu comme les autres. Au Québec, nous sommes condamnés à être les meilleurs afin d'assurer l'avenir et le développement de notre société en terre d'Amérique.

Nous devons tout faire pour que l'école québécoise devienne un milieu de vie plus stimulant. C'est le message que je livrerai dans les prochaines semaines lors de la tournée que j'effectuerai afin d'écouter les Québécois et partager avec eux la vision du nouveau modèle d'école que l'ADQ propose.


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