Danse - Déferlante toute féminine
Mots clés : Climatologie des corps, Wave, Sylvain Émard, Culture, Danse, Québec (province)
Sylvain Émard clôt sa trilogie La Climatologie des corps avec Wave, un quintette de jeunes danseuses

Autre première sur la feuille de route de Sylvain Émard: un titre en anglais. Bien que Wave soit une coproduction internationale, il ne s'agit pas d'un choix visant à faciliter l'exportation. Il a plutôt à voir avec la double signification du mot dans la langue de Shakespeare, qui se réfère autant à la vague, au mouvement infini, qu'aux ondes. Parce que si Wave apparaît comme une déferlante de mouvement, qui se passe d'une danseuse à l'autre, c'est aussi une métaphore des changements environnementaux qui ont lieu à la grandeur de la planète.
Pour exprimer ce qui nous traverse et nous transforme à notre insu, Sylvain Émard fait appel à la vidéo, qui vient jouer un rôle particulier, grâce à un support de projection tout en transparence. «La lumière de la vidéo m'intéresse parce qu'elle est en mouvement.» Le chorégraphe a eu le loisir d'expérimenter des effets visuels, grâce à des périodes de résidences à l'Usine C, à Montréal, à Station Zuid, aux Pays-Bas et au Grand Théâtre de Lorient, en France. «Je ne me lancerais pas dans une aventure avec la vidéo si je n'avais pas accès à au moins deux périodes de résidence, parce que c'est énormément de travail et, si tu veux faire quelque chose d'original, qui va dans le sens de la pièce que tu es en train de créer, ça prend du temps. Toute chose technique prend du temps. C'est comme le cinéma, c'est long à s'installer, c'est long à modifier.»
Sylvain Émard accorde cette fois-ci une plus grande place aux images, pas nécessairement figuratives, qu'a concoctées le vidéaste Francis Leclerc (pas celui d'Un été sans point ni coup sûr, mais celui qui a travaillé à Champ libre et agi comme directeur technique pour La La La Human Steps). Avec la lumière d'Étienne Boucher sur les projections, ces images deviennent parfois presque «subliminales».
Tout cela se superpose à un mouvement plus libre, sorti de son carcan, mais pas moins chorégraphié. «Ça respire un peu plus», pense l'auteur du très formel Mensonges variations. Et ce n'est pas étranger aux interprètes, «aguerries, malgré leur jeune âge». «Ce que j'admire beaucoup chez les femmes, c'est leur résilience. J'observe ça davantage que chez les hommes», dit Sylvain Émard, qui a monté, juste avant, aux Pays-Bas, une chorégraphie pour une distribution exclusivement masculine, 7 X 2.
Les deux premiers volets de La Climatologie des corps , Pluie (2004) et Temps de chien (2005), comptaient un nombre égal d'hommes et de femmes. Les spectateurs de Glasgow auront la chance de voir la trilogie au complet cet hiver. «C'est rare que ça arrive», note Sylvain Émard, qui trouve trop triste que de très bonnes pièces de répertoire ne soient pas revues plus souvent, comme celles de Jean-Pierre Perreault, pour qui il a dansé avant de passer à la chorégraphie.
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Collaboratrice du Devoir
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Wave
Chorégraphie de Sylvain Émard, avec Karissa Barry, Sarah Murphy, Erika Leigh-Stirton, Catherine Viau et Megan Walbaum, à l'Usine C du 9 au 20 septembre.
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extrait vidéo - par Massicotte Guy-Anne
Le samedi 30 août 2008 20:00

