Dion se dit prêt pour la bagarre
Mots clés : Stéphane Dion, Stephen Harper, Parti politique, Élection, Canada (Pays)
Libéraux et conservateurs sont au coude à coude
Ottawa -- À ceux qui doutent encore de l'empressement du Parti conservateur à déclencher des élections fédérales, Stephen Harper leur envoie un autre message clair: dès aujourd'hui, son parti diffusera des publicités à la télévision qui vantent les réalisations du gouvernement. De son côté, le chef libéral Stéphane Dion se dit prêt à la bagarre électorale.Le coup de sonde de la firme Harris-Decima réalisé pour la Presse canadienne place le Parti libéral à 34 % et le Parti conservateur à 33 %. Le NPD récolte 15 % et le Parti vert, 11 %.
Le sondage a été mené entre le 21 et le 24 août auprès de 1001 répondants, avec une marge d'erreur de 3,1 % 19 fois sur 20. Au Québec, où la marge d'erreur est plus grande, le sondage place le Bloc québécois en avance.
L'enquête d'opinion montre une population canadienne divisée. Près de 55 % des répondants estiment que le pays va dans la bonne direction, mais les électeurs semblent hésiter sur le choix du meilleur parti pour poursuivre sur cette lancée. La moitié des citoyens (47 %) pensent que le Canada serait «mieux servi» avec un nouveau gouvernement libéral.
«Les chiffres suggèrent que, si Stéphane Dion et les libéraux font une bonne campagne et que les supporters mous du NPD, du Bloc et des verts veulent changer de gouvernement, ça pourrait aider les libéraux», a soutenu à la Presse canadienne le président de Harris-Decima, Bruce Anderson.
Par contre, le taux de satisfaction en ce qui a trait à la direction que prend le pays pourrait aider les conservateurs à gagner des sièges si ces derniers font une bonne campagne.
Dion se dit prêt
Dans cet échauffement pré-électoral, le chef libéral Stéphane Dion s'est dit prêt à toute éventualité hier. De passage à Montréal pour dénoncer les compressions du gouvernement Harper dans la culture, il a dit être «déterminé à gagner cette élection».
Sa lieutenante au Québec, Céline Hervieux-Payette, a refusé de donner des détails sur le niveau de préparation des troupes dans la province. «Tous mes joueurs, toute mon équipe de campagne, tous mes outils sont préparés. [...] J'ai des candidats de grande valeur. On fait des séances de photos. Même nos publicités sont en tournage. On sera prêts à partir de la semaine prochaine. [...] Il y aura 75 candidats connus de tous le jour du déclenchement des élections», a-t-elle dit.
Rencontre au 24 Sussex
Stéphane Dion affirme vouloir encore rencontrer Stephen Harper avant le 15 septembre pour savoir si le Parlement peut fonctionner, comme le premier ministre l'a demandé. «On ne va pas négocier ça à travers les médias, a-t-il toutefois expliqué hier. Les deux bureaux se parlent. J'ai été très surpris d'apprendre par les médias que M. Harper était très impatient envers moi. Les conservateurs jouent un jeu, c'est évident. Ces rencontres sont pour lui une façon de sauver la face.»
Au bureau de Stephen Harper, on affirme que c'est Stéphane Dion qui repousse la date. «On tient pour acquis que Dion ne veut pas rencontrer le premier ministre, ce qui démontre le niveau de coopération», a dit Dimitri Soudas, porte-parole du premier ministre.
Stephen Harper rencontrera le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, aujourd'hui à Ottawa et le chef du NPD, Jack Layton, demain. «Je vais écouter ce qu'il a à me dire», a soutenu Gilles Duceppe hier. «Je vais l'écouter avec responsabilité. J'y vais de bonne foi. Est-ce qu'il y a des terrains d'entente possible? C'est à M. Harper de me le dire. C'est lui qui invite les chefs de l'opposition.»
Le Bloc québécois et le NPD ont récemment affirmé qu'ils étaient prêts à renverser le gouvernement cet automne.
Le PC à l'offensive
Le Parti conservateur, lui, semble déjà en campagne. De loin la formation politique fédérale la plus riche, le PC tente de profiter de cet avantage quelques jours avant le déclenchement électoral en lançant deux publicités. Les dépenses précampagne ne sont pas comptabilisées dans la limite de dépenses autorisée par Élections Canada.
Les publicités seront diffusées partout au pays, avec une version spéciale en français pour le Québec. Contrairement aux récentes campagnes négatives des conservateurs, la nouvelle série d'annonces vante les réalisations du gouvernement et prend un ton plus positif. On y voit les ministres du Québec se parler autour d'une table dans une maison de campagne. On cite la reconnaissance de la nation québécoise et le règlement du déséquilibre fiscal.
Par contre, le ministre du Développement économique du Québec, Raymond Bachand, sera probablement surpris de voir le ministre conservateur Jean-Pierre Blackburn vanter le fait que son gouvernement a aidé l'économie des régions, alors qu'il a coupé les budgets destinés aux organismes responsables du développement économique. Cette décision d'Ottawa a soulevé la colère de Québec ce printemps.
La publicité parle également d'un «siège» à l'UNESCO pour la province, alors que Québec et Ottawa ont plutôt signé une entente administrative qui permet à Québec de parler à ce forum international, mais seulement si Ottawa est d'accord. Selon le règlement de l'organisme onusien, une province ou une région ne peut pas obtenir de siège à l'UNESCO.
Au Canada anglais, la publicité est différente. Elle donne la parole à des gens dans la rue qui parlent du leadership de Stephen Harper, un thème que les conservateurs tentent d'imposer. Aucune pub radio n'est prévue.
Vos réactions
Réveillez vous, canadiens! - par Patrice Drolet
Le vendredi 29 août 2008 18:00
Je ne sais pas. - par Pierre Castonguay (p.castonguay@videotron.ca)
Le vendredi 29 août 2008 11:00
Stéphan Dion - par Jacques Lafond (lafond.overtime@gmail.com)
Le vendredi 29 août 2008 10:00
Le peuple est fin prêt - par Pierre-S Lefebvre
Le vendredi 29 août 2008 08:00

