Bactérie C. difficile - Recours collectif contre l'hôpital Honoré-Mercier
Mots clés : Recours collectif, Bactérie C. difficile, santé, Justice, Québec (province)
Une demande de recours collectif dont la valeur pourrait atteindre 10 millions de dollars a été déposée, mercredi, contre l'hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe au nom des victimes de l'éclosion de bactérie Clostridium difficile, qui a touché cet établissement entre les mois de mai et novembre 2006.
Les requérants -- Sylvie Dorion, dont la soeur Marie-Andrée est décédée après avoir été infectée par la bactérie, et l'Association pour la défense des victimes d'infections nosocomiales (ADVIN) -- sont représentés par l'avocat montréalais Jean-Pierre Ménard.
Celui-ci reproche notamment à l'hôpital Honoré-Mercier de ne pas avoir pris au sérieux la prévention des infections nosocomiales, dont celle au C. difficile, et d'avoir fait preuve de négligence et d'incompétence.
«La direction de l'hôpital et le conseil d'administration ont été avertis à de nombreuses reprises à partir de 2005, a lancé hier Me Ménard, en conférence de presse. Ils ont été prévenus que le nombre de cas [d'infections au C. difficile] risquait d'augmenter. Ils ont fait preuve d'une désinvolture et d'une insouciance étonnantes, incompréhensibles et inqualifiables. Il y a de quoi s'indigner.»
Il a ajouté avoir été contacté par des centaines de personnes inquiètes au moment où le C. difficile défrayait les manchettes québécoises. La loi lui interdisant de regrouper tous les plaignants au sein d'un seul et même recours collectif contre de multiples établissements de santé, il a décidé de s'attaquer au cas de l'hôpital Honoré-Mercier parce que c'est celui pour lequel on dispose des informations les plus complètes, en raison de l'enquête menée par la coroner Catherine Rudel-Tessier.
S'appuyant sur le rapport présenté par cette dernière en septembre 2007, le texte de la demande de recours collectif évoque d'ailleurs «de nombreuses contraventions au niveau du non-respect des précautions de contact», avant d'ajouter que «le lavage des mains n'était pas respecté, [...] il y avait une insuffisance de lavabos [et] l'isolement des patients atteints du C. difficile n'était pas fait systématiquement».
Dommages
Me Ménard réclame pour chaque personne ayant été infectée des dommages moraux de 50 000 $.
Il estime de plus que les victimes qui ont dû subir une intervention chirurgicale en raison de leur infection au C. difficile sont en droit de réclamer des dommages additionnels, dont le montant sera déterminé en fonction de la gravité de leur situation et des séquelles encourues.
Il demande également des dommages additionnels pour les familles des victimes décédées, notamment en raison de la perte de soutien financier.
Chaque victime devrait enfin, croit-il, recevoir 25 000 $ en dommages exemplaires. Me Ménard estime que la valeur totale potentielle du recours collectif pourrait atteindre entre 5 et 10 millions.

