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L'identité montréalaise et le fleuve

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Monique Désy Proulx
Envoyé Le jeudi 28 août 2008 09:00



Pour trouver son identité, Montréal (et le Québec tout entier d'ailleurs) doit se brancher sur la réalité concrète, qui est d'abord et avant tout sa géographie. Montréal est un archipel, une ville d'eau, l'aboutissement d'un des plus grands fleuves du monde, la porte d'entrée de l'Amérique. La réalité concrète, c'est ça: de l'air et de l'eau. Si Montréal, au lieu d'accepter d'asphalter les bords de son fleuve pour y construire une autoroute (encourageant ainsi une industrie de la voiture qui n'est pas la sienne), si Montréal, dis-je, misait son avenir sur le paysage que l'histoire lui a laissé en héritage, elle pourrait devenir une des villes les plus attirantes du monde. Québec a son cap Diamant et son paysage grandiose, Montréal a plutôt la douceur des îles, avec ses saules pleureurs et ses rives basses. Je suis tout à fait d'accord avec Gilbert Rozon: on a besoin d'une psychanalyse collective, car gaspiller ainsi une ressource aussi prometteuse, un levier aussi puissant, ça relève de la haine de soi.

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