Le meilleur des deux mondes

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Paul Cauchon
Édition du jeudi 28 août 2008

Mots clés : Musée Juste pour rire, World Press Photo, Média, Musée, Montréal

Le World Press Photo débarque au Musée Juste pour rire de Montréal pour sa 7e édition

Cette photo d'un gorille, l'une des plus fascinante de l'exposition, illustre l'impact des conflits militaires au Congo sur les espèces animales menacées. Photo: Brent Stirton

C'est à la fois toute l'horreur du monde, et toute sa beauté. La grande exposition du World Press Photo 2008 s'arrête en effet à Montréal à compter de ce soir, pour établir un véritable «état du monde» à travers le regard des grands photographes.

L'événement qui en est à sa 7e édition à Montréal, est maintenant un incontournable, particulièrement depuis les dernières années au Musée Juste pour rire. Plus de 30 000 visiteurs s'y sont rendus l'année dernière, dont bon nombre d'étudiants, autant des écoles que des universités. Les organisateurs rêvent de recevoir 40 000 visiteurs cette année.

Le World Press Photo est un organisme indépendant créé aux Pays-Bas il y a plus de 50 ans, en 1955, pour promouvoir la photo de presse. Son prestigieux concours annuel est maintenant fort suivi puisque plus de 5000 photographes de 125 pays y ont participé cette année. Au final, une soixantaine de photographes ont été récompensés dans 10 catégories différentes, qui vont de l'information générale au portrait en passant par la nature et l'environnement.

Pour l'exposition montréalaise, environ 200 photos du concours ont été sélectionnées, dont les gagnants dans toutes les catégories. Cette année, le premier prix a été accordé au photographe britannique Tim Hetherington pour une photo publiée dans le Vanity Fair, montrant l'épuisement d'un soldat américain en Afghanistan.

La photo primée n'est pas aussi marquante que celles des gagnants des précédentes années, mais le visiteur de l'exposition trouvera amplement de quoi se satisfaire en regardant les photos primées dans les autres catégories. Tous les grands conflits politiques et militaires qui se tenaient dans le monde en 2007 sont représentés, dont évidemment les guerres en Irak et en Afghanistan, témoins d'un monde désespérant.

Une des photos les plus intéressantes de l'exposition montre un groupe de garde-forestiers transportant un énorme gorille mort dans un parc national du Congo, une composition étonnante, comme une sorte de cérémonie funèbre qui illustre l'impact des conflits militaires au Congo sur les espèces animales menacées.

Le concours propose également des sujets moins violents et plus axés sur la vie quotidienne, très humains, comme cette troupe de vieux comédiens polonais de cirque qui arborent tutus et nez de clown sur leurs rides. Et on y retrouve les toujours spectaculaires photos de sport, dont le premier prix dans cette catégorie, les visages ruisselants des coureurs au fil d'arrivée du marathon de Copenhague.

Pour compléter l'exposition du World Press Photo, les organisateurs proposent une sélection des meilleures réalisations de photographes québécois (dont ceux de notre collègue Jacques Nadeau).

L'exposition est présentée pendant un mois, à compter de ce soir jusqu'au 28 septembre. Seules trois villes canadiennes accueillent l'événement cette année, soit Montréal, Toronto et Vancouver.

***

- World Press Photo, Musée Juste pour rire, 2111, boulevard Saint-Laurent, ouvert tous les jours de 11h à 20h, jusqu'au 28 septembre.


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