Gustav alimente la hausse du brut

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AFP
Édition du jeudi 28 août 2008

Mots clés : pétrole, Gustav, Prix, Énergie, États-Unis (pays)

«La progression des prix est liée à l'ouragan»

L'ouragan Gustav frappe durement La Havane et devrait quitter les côtes cubaines pour se diriger vers la Louisiane et le Texas.

Photo: Agence Reuters

New York -- Les cours du pétrole ont nettement progressé hier à New York, dopés par la possible arrivée de la tempête tropicale Gustav dans le golfe du Mexique, qui concentre plus d'un quart de la production pétrolière américaine.

Sur le New York Mercantile Exchange, le baril de «light sweet crude» pour livraison en octobre, nouveau contrat de référence, a clôturé à 118,15 $, en hausse de 1,88 $ par rapport à son cours de clôture de mardi.

À Londres, le baril de pétrole Brent pour échéance en octobre sur l'Intercontinental Exchange (ICE) a pris 1,59 $ pour finir à 116,22 $.

«Il n'y a aucun doute que la progression des prix est liée à l'ouragan Gustav», a expliqué Phil Flynn, analyste au cabinet Alaron Trading. «Il y a des risques qu'il affecte la production de pétrole dans le golfe du Mexique».

«Gustav pourrait arriver en Louisiane et dans le Texas», où se concentre le gros des plateformes américaines, «ce week-end». «C'est ce qui explique la hausse des prix», a renchéri Thierry Lefrançois de Natixis.

Ces craintes ont dominé les échanges, les cours du baril de brut gagnant en séance plus de trois dollars avant de se replier en clôture.

Gustav, qui a fait au moins 22 morts en République dominicaine et à Haïti, a perdu un peu en intensité et se dirigeait hier vers Cuba, selon le Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami (sud-est des États-Unis).

Premier consommateur mondial

Cette tempête, qui se situait à 100 km à l'ouest de Port-au-Prince et à 250 km au sud-est de Guantanamo, devrait passer aujourd'hui entre la Jamaïque et la côte sud de Cuba. Elle pourrait reprendre de la force et redevenir un ouragan, avant de toucher le golfe du Mexique la semaine prochaine, selon le NHC.

La région du golfe du Mexique compte pour 26 % de la production totale de brut aux États-Unis, premier consommateur mondial, et 11% de celle de gaz naturel, selon les données de l'agence américaine sur l'Énergie (EIA).

«Katrina est encore très frais dans la mémoire des investisseurs, il est donc normal de les voir acheter massivement du brut en prévision de l'arrivée de Gustav», a fait remarquer John Kilduff de la maison de courtage MF Global.

Environ 165 plates-formes pétrolières (sur les quelque 4000 qui se trouvent dans le golfe du Mexique) ont été détruites ou très endommagées lors du passage de Katrina le 29 août 2005, puis de Rita le 24 septembre de la même année.

Katrina et Rita ont causé des dégâts évalués entre 18 et 31 millions de dollars aux infrastructures énergétiques de la région, selon une estimation du Bureau des affaires budgétaires du Congrès.

La compagnie anglo-néerlandaise Shell a annoncé hier dans un communiqué qu'elle avait commencé à évacuer du personnel «non essentiel aux opérations de production et de forage» dans le golfe du Mexique.

Environ 300 personnes devaient quitter les lieux hier, «sans impact sur la production».

Sa rivale ExxonMobil a dit «surveiller de près» l'évolution de Gustav, et indiqué qu'il n'y avait pour l'instant aucun impact sur la production et qu'aucun personnel n'avait encore été évacué.

Le groupe pétrolier français Total pourrait de son côté interrompre sa production à compter de samedi et procéder à l'évacuation d'une partie de son personnel à partir de demain, ont rapporté les sources de marché. Total n'était pas joignable dans l'immédiat.

Pour M. Flynn, depuis Katrina les marchés sont vulnérables à tout passage d'ouragan. Les investisseurs ont par conséquent ignoré le rapport sur l'état hebdomadaire de stocks pétroliers américains, pourtant de nature à baisser les prix, selon les analystes.

Les stocks d'essence ont diminué bien moins que prévu: -1,2 million de barils, contre -2,5 millions attendus. Les réserves de brut ont baissé légèrement de 100 000 barils, tandis que celles de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) sont restées inchangées.


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