Un rapport de l'ONU - Afghanistan : 90 civils ont été tués la semaine dernière par des raids aériens

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Reuters
Édition du mercredi 27 août 2008

Mots clés : raids aériens, civils, Décès, Forces armées, Afghanistan (Pays)

Kaboul -- Les Nations unies ont annoncé hier avoir recueilli des preuves convaincantes de la mort de 90 civils afghans, en majorité des enfants, au cours de raids aériens opérés la semaine dernière par la coalition sous commandement américain dans l'ouest de l'Afghanistan.

«Les enquêtes de la MANUA [Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan] ont fait apparaître des éléments de preuve convaincants, fondés sur les récits de témoins oculaires et d'autres, qui font penser qu'environ 90 civils ont été tués -- 60 enfants, 15 femmes et 15 hommes», a indiqué l'émissaire de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide.

L'armée américaine a ouvert une enquête, après avoir d'abord annoncé ne pas avoir connaissance de civils tués dans ce qu'elle présentait comme un raid aérien unique opéré vendredi dans le district de Shindand, dans l'ouest du pays.

La MANUA a envoyé des représentants dans le secteur de Shindand pour enquêter et rencontrer des responsables locaux.

«C'est un sujet de grave préoccupation pour les Nations unies; j'ai fait comprendre à maintes reprises que la sécurité et le bien-être des civils devaient primer tout le reste dans la planification et l'exécution de toutes les opérations militaires», souligne Eide. «L'impact de telles opérations entame la confiance de la population afghane à l'égard des efforts qui visent à construire un Éjuste, pacifique et respectueux de la loi.»

Les talibans progressent

Les talibans avaient clairement dessiné les contours de leur nouvelle stratégie en Afghanistan en mars dernier: commettre plus d'attentats suicide, isoler Kaboul et toucher en plein coeur les forces de la coalition. Avec à leurs trousses plus de 70 000 soldats étrangers et près de 130 000 militaires afghans, les talibans ne reviendront probablement pas de sitôt dans les rues de Kaboul, à l'endroit même où ils régnaient en maîtres avant l'invasion du pays à l'automne 2001.

Qu'importe, les combattants islamistes ne souhaitent qu'une seule chose: que leurs ennemis craquent. S'ouvrirait alors une ère de triomphe qu'ils ne devraient qu'au renoncement des forces de la coalition, synonyme de défaite. Les talibans attendent patiemment cette heure.

«Afin d'assiéger les forces étrangères et afghanes à Kaboul, nous avons commencé à lancer des opérations sur les principales routes qui mènent à la capitale, et ce, dans quatre directions», expliquait au printemps l'un des chefs talibans les plus importants du pays, le mollah Brother.

Près de cinq mois plus tard, la stratégie des insurgés semble être en passe de réussir puisque trois des quatre routes principales menant à la capitale afghane sont devenues des lieux plus que dangereux pour n'importe quel soldat ou travailleur humanitaire.

Si les talibans semblent aujourd'hui trop peu nombreux pour avoir une assise sur l'ensemble du territoire afghan, la Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) ne semble pas non plus en mesure de contrôler un Afghanistan aussi vaste que montagneux.

Les violences commises contre les soldats étrangers n'ont jamais été aussi importantes depuis l'opération militaire de 2001, puisque, pour le seul mois de juin, 45 militaires de l'Alliance sont morts en Afghanistan. En août, 42 soldats ont perdu la vie jusqu'à ce jour.

Peu découragés par les pertes causées au sein de leurs propres rangs, qui se comptent certainement en milliers, les talibans se sont rapprochés petit à petit de Kaboul depuis un an, dans un schéma tactique similaire à celui qui avait été utilisé à la fin des années 1980 pour déloger les troupes soviétiques de la capitale afghane.


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