Des paniers pas si bios
Mots clés : produits biologiques, lois, Agriculture, Alimentation, Québec (province)
Au sein du réseau d'agriculture soutenue par la communauté, une ferme sur dix contrevient aux lois du Québec sur les produits biologiques

Photo: Jacques Nadeau
Un privilège
Or, en vertu de la Loi sur les appellations réservées, depuis 1996, pour avoir le privilège de présenter sur le marché des aliments avec l'attribut «biologique», commerçants, agriculteurs ou restaurateurs doivent posséder une certification délivrée par l'un des certificateurs officiellement reconnus par Québec. Cette démarche vise à protéger ce secteur commercial de la fraude, mais aussi à garantir au consommateur qu'il en a pour son argent et que ses carottes, ses tomates, son maïs ou ses confitures respectent bel et bien les critères de production qui prévalent dans l'univers du bio. Un univers aux normes sévères où organismes génétiquement modifiés (OGM), pesticides et engrais chimiques n'ont pas droit de cité. Entre autres.
Acquises par les fermes au prix de quelques centaines de dollars par année, de changements d'habitudes de production mais aussi au terme de plusieurs contrôles, dont certains sont «surprise», ces certifications sont un élément central du concept des paniers bios d'Équiterre. Le groupe de pression qui fait la promotion du développement durable, sous toutes ses formes, assure d'ailleurs vérifier chaque année que les membres de son réseau sont en règle, a indiqué au Devoir, Isabelle Joncas, porte-parole de l'organisme. «Nous demandons des photocopies des certificats à tous les membres», a-t-elle dit.
Néanmoins, l'enquête du Devoir révèle que plusieurs exploitations agricoles qui s'affichent pourtant dans la «Liste des fermes 2008», diffusée sur le site Internet d'Équiterre, n'ont plus de certification valide depuis près de deux ans, pour certaines. C'est le cas par exemple d'une ferme de Sherrington, sans certification depuis juillet 2006 et d'une autre de Saint-Chrysostome dont la certification n'est plus valide depuis avril 2007, a confirmé le CARTV sans en expliquer toutefois les raisons. Une autre, de Rivière-Rouge, est tout simplement inconnue des services de contrôle des certifications au Québec, où elle devrait être pourtant dûment enregistrée.
Et elle n'est pas la seule. Six participants au réseau d'ASC se présentent aux consommateurs avec des certifications obtenues auprès d'un des cinq certificateurs autorisés par Québec à faire respecter de bonnes pratiques bios au pays. Québec Vrai et Ecocert Canada sont du nombre. Le hic, le nom de ces fermiers, installés à Sainte-Catherine-de-Hatley, Mirabel ou Lennoxville, par exemple, n'apparaît pas dans les registres des certificateurs en question.
Enfin, une poignée d'autres exploitations agricoles participent à ce réseau de «paniers bios» avec en main une «précertification», seulement. Cela signifie que des démarches sont en cours pour leur permettre d'accéder au marché du biologique, mais que le processus d'évaluation, qui peut prendre plus qu'une année, n'a pas été mené à son terme. «Elles ne peuvent toutefois pas vendre leur produits sous l'appellation biologique dans ces conditions», souligne Yves Gélinas, porte-parole du Conseil des appellations réservées. Les termes «biologique», «écologique», «organique», «biodynamique», «éco» ou «bio» sont réservés en effet aux entreprises certifiées dans les règles de l'art.
Notons que, depuis 2002, le Conseil a mis la main au collet d'une dizaine de fraudeurs à peine dans l'univers du bio. Les contrevenants, ont été condamnés à des amendes allant de 2000 $ à 4000 $ pour avoir usurpé l'identité du bio, et ce, dans le domaine de la boulangerie principalement et de la transformation alimentaire, indiquent les dossiers de l'organisme provincial.
Mis en place en 1996 comme moyen de résistance à la mondialisation et à l'homogénéisation de l'alimentation, le réseau d'agriculture soutenue par la communauté d'Équiterre devrait nourrir cette année près de 11 000 familles au Québec. Avec sa centaine de fermes participantes et ses quelque 350 points de chute de paniers, livrés directement du producteur aux consommateurs sans intermédiaire, ce mode de distribution aurait généré en 2006 des retombées économiques d'environ 3,8 millions de dollars, selon Équiterre qui est le principal porte-étendard de ce modèle commercial au Québec.
Vos réactions
favoriser les aliments du Québec sans entacher ceux qui le font bien - par Lebrun Isabelle
Le vendredi 29 août 2008 07:00
Approche éditoriale malhonnête sur 3 jours - par Blandine Philippe
Le mercredi 27 août 2008 14:00
N'importe quoi! - par Terra Sativa (terrasativa@globetrotter.net)
Le mardi 26 août 2008 23:00
Pas (toujours) besoin de certification - par Denis Bouchard
Le mardi 26 août 2008 20:00
ÉquiTerre ou... ÉquiTaire? - par François Tessier (realisation.tessier@videotron.ca)
Le lundi 25 août 2008 21:00
SALISSAGE ! - par Nicolas Letarte
Le lundi 25 août 2008 15:00
Biologique = foutaise! - par Magnan Daniel
Le lundi 25 août 2008 14:00
Le Bio, on s'en balance! - par Jc Verreault (jc_verreault@yahoo.ca)
Le lundi 25 août 2008 14:00
Titre bien ronflant - par Blandine Philippe
Le lundi 25 août 2008 12:00
peut-on avoir la liste? - par Daniel Deslandes
Le lundi 25 août 2008 11:00
Bio, végé et granola - par Fernand Trudel
Le lundi 25 août 2008 09:00
Plus d'infos sur le bio et le mode de vie bio... - par Marseillais .
Le lundi 25 août 2008 09:00
Le "Greenwashing" de plus en plus fréquent - par Denise Dallaire
Le lundi 25 août 2008 09:00
ARNAQUE - par andré michaud
Le lundi 25 août 2008 09:00
Règles claires de la certificatin du bio, qu'en est-il de la pollution engendré par certaines entreprises? - par Jacques Morissette
Le lundi 25 août 2008 06:00

