Cinéma américain - L'automne en une seule lettre
Mots clés : Rentrée, Cinéma américain, Culture, Cinéma, Québec (province)

La saison culminera à Noël avec le très attendu partout -- mais très appréhendé en Allemagne -- Valkyrie (25 décembre), un récit sur la tentative d'assassinat d'Adolf Hitler par des membres de sa garde rapprochée, éclairé par les dents blanches de Tom Cruise. D'ici là, voici 20 films à surveiller...
Australia (14 novembre). On parle depuis cinq ans au moins de ce western du réalisateur de Moulin Rouge, Baz Luhrmann, campé dans le nord du pays d'en dessous, avec Hugh Jackman en aristocrate britannique faisant migrer son bétail à l'heure où le Japon d'Hiro Hito lâche les bombes.
Bangkok Dangerous (5 septembre). Les frères Pang refont pour le bénéfice des Anglos hostiles aux sous-titres leur mini-classique de 1999 sur un tueur à gages «lâché lousse» dans la capitale thaïe. L'ennui, c'est que l'original était sourd-muet, ce qui apportait une certaine couleur à l'intrigue. L'ennui, aussi, c'est que celui-ci sera campé par Nicolas Cage.
Blindness (19 septembre). Fernando Meirelles (Cité de Dieu) signe un film singulier, dur, audacieux et exigeant, qui fait une sorte de synthèse de l'état du monde à travers une poignée de héros sans nom au centre d'une épidémie de cécité. Julianne Moore, seule à voir dans ce monde aveugle, nous guide et nous éblouit.
Body of Lies (10 octobre). Bien que le public nord-américain n'ait pas à coeur les films sur le terrorisme islamique, l'Anglais Ridley Scott (Gladiateur) court le risque d'en présenter un avec ce thriller sur un ex-journaliste blessé en Irak engagé par la CIA pour remonter la piste des leaders d'al-Qaïda en Jordanie. Good night, and good luck.
Burn after Reading (12 septembre). En voulant tirer profit d'un CD contenant les mémoires d'un ex-agent de la CIA, deux misérables employés d'un gym (Brad Pitt et George Clooney) deviennent la proie de l'agence de contre-espionnage. Les frères Coen, fraîchement oscarisés pour leur magnifique No Country for Old Men, délirent sur ce thème.
The Brothers Bloom (24 octobre). Deux arnaqueurs de haut calibre (Adrien Brody et Mark Ruffalo) s'éprennent de l'héritière excentrique (Rachel Weisz) qu'ils se préparent à détrousser. Rian Johnson (Brick) dirige le jeu.
The Curious Case of Benjamin Button (19 décembre). Brad Pitt vieillit à l'envers, ou rajeunit à l'endroit, dans cette fantaisie très attendue de David Fincher (Seven, Zodiac), mettant aussi en vedette les deux plus chouettes rouquines du 7e art contemporain, Cate Blanchett et Tilda Swinton.
The Day the Earth Stood Still (12 décembre). Scott Derrickson (The Exorcism of Emily Rose) a mis en scène ce remake du classique de Robert Wise datant de 1951, dans lequel des extraterrestres viennent exhorter les Terriens à faire la paix entre eux. Keanu Reeves et Jennifer Connelly sont à l'écoute.
Doubt (12 décembre). Les Fêtes apportent toujours un gros film d'acteurs dans l'espoir d'une mitraille d'Oscars. Celui-ci, tiré de la pièce du même nom de John Patrick Shanley (scénariste de Moonstruck) et réalisé par lui-même, oppose Meryl Streep, Philip Seymour Hoffman et Amy Adams dans une intrigue campée dans les années 60, où une religieuse accuse un prêtre d'agressions sexuelles envers un jeune garçon.
Changeling (24 octobre). Clint Eastwood a remplacé Ron Howard aux commandes de cette reconstitution soignée du Los Angeles de 1928 racontant le combat d'une mère célibataire (Angelina Jolie) contre les autorités municipales (mairie, corps de police, etc.) qui refusent d'admettre que l'enfant qui lui a été restitué n'est pas le sien, kidnappé cinq mois plus tôt.
Miracle at St. Anna (26 septembre). Deux ans après l'excellent Inside Man, Spike Lee raconte un épisode méconnu de la Deuxième Guerre mondiale dans ce film très attendu campé en Toscane, où quatre soldats afro-américains se sont retrouvés malgré eux derrière les lignes ennemies.
Quantum of Solace (7 novembre). Ce nouvel épisode de James Bond renouvellera-t-il l'exploit de Casino Royale, qui détient le record du film le plus lucratif de la série? Il revient à Marc Forster (Stranger than Fiction) et à Daniel Craig de livrer la marchandise, mais c'est un peu à nous de décider, non?
Quarantine (10 octobre). Ce remake de [REC], excellent thriller d'horreur espagnol présenté à Fantasia, aura le bénéfice de la nouveauté dans le reste de l'Amérique du Nord parce que, pour préserver sa fraîcheur, le distributeur a empêché l'original d'y circuler.
The Soloist (21 novembre). Joe Wright, le remarquable réalisateur de Pride and Prejudice et d'Atonement, poursuit sa lancée avec ce drame campé à Los Angeles racontant les aspirations d'un virtuose de la musique, sans abri, atteint de schizophrénie (Robert Downey Jr., sans carapace de fer). Ça vous rappelle Shine? À moi aussi.
The Spirit (25 décembre). L'auteur de Sin City et de 300, le bédéiste Frank Miller, transpose à l'écran une autre de ses créations. Celle-ci prend la forme du fantôme d'un policier trépassé (Gabriel Macht) revenu d'entre les morts pour chasser la racaille de sa ville. Scarlett Johansson et Samuel L. Jackson sont de la partie.
Synecdoche, New York (24 octobre). Charlie Kaufman, le scénariste de Being John Malkovich et d'Eternal Sunshine of a Spotless Mind, passe à la réalisation avec ce délirant et kafkaien exercice sur la création et la mort, avec le brillant Philip Seymour Hoffman en dramaturge qui se perd entre sa vie et sa création.
Twilight (21 novembre). On n'attendrait peut-être rien de cette histoire d'amour entre une jeune mortelle et un «prince des ténèbres» si elle n'était pas réalisée par la très talentueuse Catherine Hardwicke, l'auteure de Thirteen et de Lords of Dogtown.
Vicky Cristina Barcelona (25 septembre). Woody Allen exporte dans la capitale catalane les motifs qui lui sont familiers à travers une comédie sentimentale d'inspiration fosterienne, avec Scarlett Johansson et Rebecca Hall, en amies américaines qui en pincent pour un beau peintre catalan (Javier Bardem) encore attaché à sa muse hystérique (Penelope Cruz).
What Just Happened? (3 octobre). Roger Donaldson (Rain Man) tourne Hollywood en dérision dans cette comédie où Robert DeNiro, en producteur en perte de vitesse, en découd avec, entre autres, un Bruce Willis hirsute et la dame de fer de son studio (Catherine Keener).
The Women (12 septembre). Diane English (Murphy Brown) dépoussière le classique de George Cukor avec Norma Shearer et Joan Crawford. Meg Ryan reprend le rôle de l'épouse cocue, Eva Mendes, celui de la maîtresse de monsieur et Annette Bening, celui de l'amie des deux, qui informe la première de la trahison de la seconde. On court vers lui ou on le fuit. Y a rien entre les deux.
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Collaborateur du Devoir
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