Littérature jeunesse - Le retour en force de la troisième dimension

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Carole Tremblay
Édition du samedi 23 et du dimanche 24 août 2008

Mots clés : Rentrée, Littérature jeunesse, Culture, Livre, Québec (province)

Que ceux qui s'inquiètent de l'avenir du livre se rassurent: les éditeurs n'en ont pas encore fini avec le support papier. Au contraire, cet automne, nombre d'entre eux misent sur cette matière pour créer l'événement. Les pop-up, ces bouquins qui s'ouvrent, se déplient et se déploient dans la troisième dimension semblent même faire un retour en force.

D'abord, chez Milan, on lance Blanc, de David Pelham, un ouvrage qui présente l'épopée d'un escargot dans la nature à l'aide de sculptures de papier. L'argumentaire parle d'une expérience visuelle unique, de poésie et d'oeuvre d'art pour décrire l'objet. C'est dire...

Chez Albin Michel, c'est l'alphabet qui sert de matière première au déploiement dans la troisième dimension. ABC 3D, de Marion Bataille, est annoncé comme «Un des pop-up les plus fabuleux et novateurs jamais vus».

Du côté de chez Gallimard, on investit le corps humain avec Le livre des hic, snif, atchoum, boum-boum! (La suite du Livre des miam, glourps, glou, plop!), de Steve Alton et Nick Sharratt. Ce livre animé se veut une présentation ludique et interactive des processus de la respiration et de la circulation sanguine. Les Créatures mythiques ne resteront pas à plat grâce au documentaire fantastique que leur consacrent James Harpur et Stuart Martin, chez Milan, alors qu'Albin Michel dépliera des Dinosaures dans un livre animé pour les 4 ans et plus.

Mais il n'y a pas que la promesse d'une troisième dimension qui suscite des attentes. Deux suffisent amplement pour titiller notre curiosité.

Parmi les titres sur lesquels on a bien hâte de poser les yeux, signalons Le petit Prince, d'Antoine de Saint-Exupéry, adapté en bande dessinée par le talentueux Joann Sfar. C'est chez Gallimard, bien sûr.

Rebecca Dautremer, l'illustratrice qui nous avait offert le somptueux album Princesses oubliées ou méconnues, s'allie à l'auteur Taï-Marc Le Thanh pour (re)donner vie à Elvis (Est-il seulement mort?) chez Albin Michel. Après un étonnant Cyrano et un flamboyant Babayaga, le duo propose une biographie qu'on dit «touchante et décalée» de la légende du rock américain.

C'est connu, le monde du livre pour enfants est pourri de bons sentiments. Il fait donc toujours plaisir (du moins à moi) de voir percer quelques pointes de malice ici et là, histoire de changer un peu. Petits contes méchants, de Gudule, chez Milan, devrait faire sourire ceux qui ont envie d'un peu moins de rose bonbon dans leurs lectures. C'est Marie Lafrance, une illustratrice québécoise, qui a mis en images ce recueil destiné aux 5 ans et plus.

Tendance monde

La «world-lit» est une des tendances montantes en littérature jeunesse.

De plus en plus d'ouvrages mettent en scène des personnages provenant de pays étrangers. Olympiques obligent, la Chine est à l'honneur dans ce domaine cet automne. À l'école des loisirs, Chen Jiang Hong signe Mao et moi, un album qui relate son enfance dans l'empire du milieu, en pleine Révolution culturelle. Chez Sorbier, Piano rouge, un texte du Québécois André Leblanc, illustré par Barroux, plonge dans la même époque pour raconter l'histoire vraie d'une pianiste pour qui la musique devient une planche de salut.

Chez Albin Michel, on pousse même jusqu'à proposer une méthode de chinois. Deux tigres qui courent vite est un album de comptines accompagné d'un CD pour les enfants qui veulent faire leurs premiers pas dans la langue de Confucius.

Si nous savons tous, aujourd'hui, que la Terre est ronde, cela n'a pas toujours été le cas. Le Livre des terres imaginées, de Guillaume Duprat, à paraître au Seuil, nous permettra de découvrir les diverses façons d'imaginer le monde de nos lointains, et parfois même très lointains ancêtres des quatre coins du globe.

Le blog commence de plus en plus à servir de porte d'entrée aux auteurs. La littérature jeunesse n'échappe pas au phénomène. Au Seuil, l'Américain Jeff Kinney signe le Journal d'un dégonflé. Carnet de bord de Greg Heff. Ce roman humoristique, né sur le Web, s'est déjà vendu à près de 2 millions d'exemplaires aux États-Unis et est maintenant traduit en 22 langues.

Du côté des séries, les tomes continuent de s'accumuler un peu partout, souvent au-delà des trilogies prévues. C'est le cas d'Il était une fois dans le Nord, de Philip Pullman. Ce roman vient s'ajouter à sa célèbre trilogie À la croisée des mondes, dont le premier tome vient d'être adapté au grand écran. Dans son dernier opus, l'auteur britannique relate la première rencontre entre l'aéronaute texan Lee Scorbesry et l'ours en armure Iorek Byrnison (Gallimard).

Chez Milan, Malorie Blackman, qui a remporté un vif succès avec sa trilogie sur le racisme, Entre chiens et loups, fait paraître La Couleur de la peur. Ce roman pour adolescents plonge au coeur des plus grandes peurs de l'humain, dans un récit qui oscille entre le drame et le surnaturel.

Pour le même public, friand de frissons, Hachette publie Breaking down, de Stephenie Meyer, la suite de Fascination, tentation et hésitation, une populaire tétralogie sur le monde des vampires. Le film tiré de ce succès littéraire sortira sur les écrans américains en décembre 2008.

Chez Pocket Jeunesse, c'est Extras, le quatrième tome de la série Uglies, de Scott Westerfeld, qui paraîtra cet automne. Eh non, comme on peut le constater, la mode des titres en anglais n'est toujours pas passée.

Ceux qui pensent qu'il n'est jamais trop tôt pour bien faire pourront proposer L'Entreprise, le dernier titre de la collection «Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants» (Gallimard) à leurs rejetons. Ce documentaire pour les 5 ans et plus, signé Sophie Menthon et Alexia Delrieu, fait le point sur ce sujet, il faut le dire, assez peu traité à la maternelle...

Finalement, chez Nord-Sud, ce n'est pas tant le contenu des livres qui fait la nouveauté que la façon de le transmettre. Certains albums seront maintenant munis d'un autocollant sous lequel sera caché un code. Ce code permettra de télécharger gratuitement un enregistrement de la totalité du texte, agrémenté de quelques intermèdes musicaux. Cette collection, qui se définit comme une bibliothèque sonore, portera le nom de «Moulin à paroles».

D'aucuns considéreront cette initiative comme un nouveau présage de la fin du livre en papier. Peut-être ont-ils raison. Une chose est sûre, d'ici là, on a encore beaucoup de choses à lire.

***

Collaboratrice du Devoir


Vos réactions


Aucun commentaire ... soyez le premier !

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com
  Publicité - Un produit ou un service ?