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Aux Olympiques de la privatophobie

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Benoît Lauzière
Envoyé Le mardi 09 septembre 2008 11:00



LE DEVOIR ayant refusé de faire paraître ma réaction envoyée le 22 août, je me permets de la soumettre ici.

Aux Olympiques de la «privatophobie», récemment relancés à l'occasion du choix professionnel de M. Couillard, le podium ne sera jamais assez large pour y faire monter tous les champions de cette catégorie. Mais incontestablement, la médaille d'or doit être attribuée à Mme Payette suite à la performance réalisée dans sa chronique d'aujourd'hui. Le niveau de difficulté avait beau être bas, le prêt-à-porter idéologique et les certitudes du pharisien tenant lieu ici d'argumentaire, la profondeur des plongeons dans la logique binaire et le maintien à distance de toute pensée autre que moralisante justifient la plus haute note.

D'entrée de jeu, on est plongé dans l'univers de la Sainte Inquisition : «il vient de choisir de tourner le dos à sa foi et est passé à l'ennemi ». Coupable sur simple déposition. Démontrant, « ce faisant, une élasticité de la conscience qui en dit long sur le personnage », il doit être sans autre procès excommunié et chassé de Église de Madame en dehors de laquelle il n'y a pas de salut.

Formée à la discipline du miroir que son père, lui, utilisait pour se raser, Madame n'y voit que le reflet de sa bonne conscience. Elle sait où est le Bien puisqu'elle y réside depuis la petite enfance; elle sait surtout avec la plus grande certitude où est le Mal, nouvelle demeure de ce pauvre Couillard qui en est réduit à porter la barbe pour éviter « la rencontre avec le miroir ». Pauvre madame Payette qui n'a pour tout miroir qu'un rétroviseur.

Décidément, il ne manque pas de Tartuffes ni de Précieuses ridicules au Québec, mais de Molières.

Benoit Lauzière

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