Philippe Couillard au privé - Le PQ réclame une enquête
Mots clés : enquête, Parti Québécois, Philippe Couillard, Lobbying, santé, Québec (province)
L'ex-ministre avait-il déclaré son intérêt à l'égard de PCP quand le conseil des ministres a adopté deux décrets favorisant son futur employeur?

Or l'attachée de presse du ministre Couillard, Marie-Ève Bédard, qui occupe les mêmes fonctions pour le nouveau ministre, Yves Bolduc, a confirmé hier au Devoir que M. Couillard était présent lors des deux séances du conseil des ministres où furent adoptés les décrets.
Le deux députés ont aussi réclamé que le Commissaire au lobbyisme fasse une enquête sur PCP et les rencontres que la firme a eues avec le ministre peu avant son départ, rencontres que M. Couillard a reconnu avoir eues. «La plus belle preuve en droit, c'est l'aveu, a souligné M. Bédard. Il [M. Couillard] a dit qu'il était en discussions, avant l'adoption des règlements, avec son futur employeur.»
Le Commissaire au lobbyisme effectue actuellement des vérifications pour savoir si PCP a violé la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme, a confirmé hier le directeur des communications de l'organisme, Pierre Morin. Cette loi stipule qu'une entreprise qui communique avec un ministre dans le but de l'influencer relativement à un projet de loi, à un règlement ou à un contrat doit s'inscrire au registre des lobbyistes. PCP n'est pas inscrite à ce registre. Une enquête du commissaire pourrait suivre sur les rencontres entre PCP et le ministre. Rappelons que l'organisme ne surveille que les activités des lobbyistes et non pas le comportement des ministres. En outre, qu'une firme fasse savoir son opinion sur un règlement en pré-publication ne constitue pas une activité de lobbying puisque cette opinion est sollicitée publiquement par le gouvernement, a expliqué M. Morin.
Les deux décrets, dont la loi 33 prévoyait l'adoption, avaient fait l'objet d'une pré-publication en février. Le décret adopté le 18 juin précise la cinquantaine de traitements médicaux ou de chirurgies que les cliniques privées spécialisées sont autorisées à effectuer. Le décret du 25 juin réduit de moitié les frais des permis pour établir une telle clinique, lesquels frais passent de 10 000 $ à 5000 $ pour les cliniques qui offrent de l'hébergement et de 5000 $ à 2500 $ pour les autres. PCP, un fonds d'investissement qui est propriétaire des cliniques privées Medisys, vise ce nouveau marché des «centres médicaux spécialisés» que prévoit la loi 33, telle la clinique Rockland MD, a rappelé Bernard Drainville.
Selon l'article 61 de l'Assemblée nationale, un député doit éviter de se placer dans une situation où son intérêt personnel peut influer sur l'exercice de ses fonctions, a rappelé Stéphane Bédard. «On est devant une situation très claire de potentialité de conflit d'intérêts», estime-t-il. En pareil cas, un député peut demander l'avis au jurisconsulte de l'Assemblée nationale, dont c'est la tâche. M. Couillard n'a pas demandé un tel avis, a indiqué hier le jurisconsulte Claude Bisson.
Vos réactions
sacré fleurette, va! - par André Bissonnette
Le vendredi 22 août 2008 22:00
La curée - par Fleurette Riverin
Le vendredi 22 août 2008 10:00
Du front tout le tour de la tête! - par Marc Gendron
Le vendredi 22 août 2008 07:00
Le PLQ en mode résilience. - par Gerry Pagé
Le vendredi 22 août 2008 07:00
Dans la longue liste des politicailleurs de bas étage! - par Gilles Delisle (gilles-delisle@videotron.ca)
Le vendredi 22 août 2008 07:00
On abeau avoir l'éthique qu'on voudra. - par Jacques Morissette
Le vendredi 22 août 2008 05:00

