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Différencier divers types « d'intrusions » du secteur privé
Si le système public n'offre pas un ensemble de soins et que ceux-ci sont en forte demande par les contribuables (par exemple : les services liées à la chirurgie esthétique), il ne faut pas se surprendre que le secteur privé offre cet ensemble de soins. Quelles sont les alternatives ? Le gouvernement interdit la production de ces soins ; ce serait inacceptable. Le gouvernement augmente la couverture de son système public ; avant de se lancer dans de nouveaux territoires, le gouvernement doit d'abord s'assurer que son système public fait bien ce qu'il a à faire. Or, dans de nombreux domaines ce n'est pas le cas. De plus, pour financer un tel élargissement de la couverture de soins, il faudrait accroître le budget du ministère de la Santé et le gouvernement ne semble pas prêt à taxer plus ses citoyens.
Dans le cas de services de santé couverts par le système public et payés par celui-ci, il n'y a pas de raison de rejeter une plus grande contribution du secteur privé si les entreprises de ce secteur peuvent produire ces soins, à une qualité égale et inclusion faite d'une marge bénéficiaire, à un coût moindre que les entités gouvernementales. Il faut mettre en place les mesures et les processus pour bien s'assurer que cela est bel et bien le cas. Il en est de même pour la prestation de services indirects défrayés par le système public (entretien d'immeubles et d'équipements, services de buanderie, services de sécurité, services de laboratoire, ...).
Là où il faut se préoccuper de la progression du privé, ce sont les cas de services qui devraient être couverts entièrement par le système publique mais pour lesquels les citoyens sentent le besoin d'aller, À LEURS FRAIS, vers le privé pour recevoir une meilleure qualité de soins ou/et pour avoir un accès plus rapide à ces soins. Dans ces cas, ce qui est troublant ce n'est pas la progression du privé mais plutôt l'incapacité du système public à remplir ses obligations. La prestation du secteur privé devrait être et demeurer très faible dans les domaines où le système public offre des soins de bonne qualité, accessibles et gratuits pour les usagers
Jean-Pierre Aubry
Président du Comité des politiques publiques
Association des économistes québécois
