Un Rêveport encore plus grand pour Mirabel
Mots clés : Mirabel, Rêveport, Économie, Aéroport, Montréal, Québec (province)
Le parc aquatique qui doit s'installer dans l'ancien aéroport empruntera des attractions au Futuroscope, un important centre d'amusements français

Photo: Agence France-Presse
Annoncé en grande pompe au début de l'année 2006, Rêveport devait normalement ouvrir ses portes l'hiver dernier au nord de la métropole. «Devait», car, à ce jour, le premier coup de pelle n'a toujours pas été donné, et ce, même si un bail en bonne et due forme a été signé depuis plusieurs mois par I-Parks-Oger International et Aéroports de Montréal (ADM).
Dans les grandes lignes, ce centre récréotouristique est censé prendre forme dans l'aérogare du défunt aéroport international de Mirabel avec, sur 100 000 m2, un aquarium géant, une plage intérieure, des salles de cinéma, un centre de conditionnement physique -- avec sauna, spa et compagnie --, une galerie marchande, des restaurants, mais aussi un musée. La rénovation du Château Mirabel, ancien hôtel de l'aéroport, est également au programme. Entre autres.
Du côté du Futuroscope, en France, on confirme que des discussions sont effectivement en cours depuis plusieurs mois avec I-Parks-Oger International afin de préparer l'exportation, dans la région de Montréal, de plusieurs attractions de ce parc. «Il a été décidé de modéliser et de reproduire une série d'attractions, mais aussi d'en créer des nouvelles spécifiquement pour le projet de réhabilitation de l'aéroport Mirabel», a indiqué Denis Brunelière, du conseil général de la Vienne, l'entité politique régionale dont le Futuroscope relève en partie. «Le projet suit son cours, mais nous sommes encore très en amont dans nos démarches et nous ne pouvons pas indiquer à quelle date tout cela sera complété.» Toutefois, dans une publication interne du parc d'attractions, les dirigeants estiment qu'une «dizaine de pavillons du parc pourraient voir le jour outre-Atlantique [à Mirabel] d'ici 2009».
Multimédia, espace et avenir
Aimant à touristes européens, ce parc d'attractions ouvert en 1987 offre des divertissements multimédias et cinématographiques qui exploitent les projections de films en format IMAX-3D mais aussi la réalité virtuelle. Avec des titres comme Danse avec les robots, Les Animaux du futur, Voyageur du ciel et de la terre ou La Citadelle du vertige, ces attractions à grand déploiement ont généralement l'espace, l'avenir et la nature comme thèmes centraux. L'an dernier, 1,5 million de visiteurs s'y sont frottés.
En exportant une partie de ces installations à Mirabel, I-Parks Oger International souhaite donc donner plus d'envergure à son complexe récréotouristique, pour lequel une enveloppe de 350 millions de dollars avait été initialement prévue. Le changement de plan des promoteurs devrait toutefois faire grimper cet investissement, prévu en trois phases de développement, de plusieurs dizaines de millions de dollars. Le chiffre exact n'a pas été dévoilé. Dans les dernières semaines, les nombreux appels téléphoniques lancés au grand argentier de ce développement immobilier et touristique, Gilles Assouline, par Le Devoir sont restés sans réponse.
À l'hôtel de ville de Mirabel, le maire, Hubert Meilleur, s'est réjoui hier d'un tel plan pour l'ancien aéroport. Mais il s'est aussi dit inquiet de la lenteur avec laquelle ce projet tend à avancer. «Ça avance à pas de tortue pour le moment», a-t-il dit, tout en confirmant qu'aucun permis de construction n'a encore été demandé par le consortium. «Nous n'entendons pas beaucoup parler de lui et il serait intéressant qu'il nous fasse signe, parce que, pour le moment, on a surtout l'impression d'avoir perdu deux ans.»
Notons que, après plusieurs années de tergiversations, un projet d'aquarium piloté par M. Assouline et un investisseur de Hong Kong a été annulé à Niagara Falls en 2004, rapportait à l'époque la Niagara Falls Review. Le parc d'attractions devait voir le jour dans une ancienne usine de produits chimiques. Cette histoire n'inquiète toutefois pas les responsables du Futuroscope, qui estiment que «la base du projet de Mirabel» est bonne. «Il y a les locaux, le bail et l'accord d'utilisation de la marque [Futuroscope], indique Denis Brunelière, qui suit ce dossier de près pour le conseil régional. Le socle est solide.»
Avec Mirabel, le parc d'attractions européen vient confirmer ses ambitions internationales. Il planche actuellement sur une bouture de son concept à Shenzhen, en Chine, en collaboration avec le groupe Baolong. Une autre implantation dans la région de Shanghaï est également envisagée. L'ouverture est prévue en 2010. Par ailleurs, l'entreprise I-Parks, une des composantes du consortium à l'origine de Rêveport, est devenue en janvier 2007 actionnaire minoritaire du Futuroscope en accédant à 1,5 % de son capital. Cela en fait «le plus petit actionnaire» mais, «paradoxalement [...], celui qui va ouvrir les portes du monde au Futuroscope», a déclaré à l'époque le grand patron du parc, Dominique Hummel.
Vos réactions
Un Rêveport encore plus grand pour Mirabel - par Gianna Paska
Le mardi 19 août 2008 20:00
Offre de divertissements trop élevée à Montréal... - par Pierre-E. Paradis
Le mardi 19 août 2008 10:00
Erreur monumentale - par jean-marie francoeur
Le mardi 19 août 2008 09:00
Et si l'aéroport de Dorval devenait trop petit! - par Gilles Delisle (gilles-delisle@videotron.ca)
Le mardi 19 août 2008 08:00
Du rêve et encore du rêve - par Pierre Des
Le mardi 19 août 2008 08:00
Défaire l'aéroport de Mirabel.... - par André Bourbonnais (abourb@videotron.ca)
Le mardi 19 août 2008 01:00

